Les ménages toujours friands du compte sur carnet même s’il rapporte moins

L’encours investi par les particuliers dans cet instrument a crû de 6,2% sur les 11 premiers mois de 2015, alors que sa rémunération a chuté de 3% à 2,11%.

Les Marocains prouvent leur attachement inconditionnel au compte sur carnet. Même si cet instrument est devenu moins rémunérateur du fait de la baisse des taux des bons du Trésor, les particuliers ont continué d’y placer toujours plus d’argent. En effet, les taux minimums appliqués aux comptes sur carnet  fixés par Bank Al-Maghrib sont passés de 3% en début d’année à 2,11% actuellement. Pour autant, les montants qui y sont déposés affichent une progression notable de 6,2% entre décembre 2014 et novembre 2015, à 135,7 milliards de DH. Une hausse qui retient d’autant plus l’attention que l’encours des comptes sur carnet, et de manière générale de l’ensemble du patrimoine financier des ménages, avait déjà crû de manière appréciable durant l’année 2014 du fait de la contribution libératoire décidée par le gouvernement. Outre le compte sur carnet, les bons de caisse et les bons à terme n’ont eux non plus rien perdu de leur succès en dépit d’une rémunération moins consistante. Leur encours progresse de 3,5% sur les 11 premiers mois de l’année, à 107,9 milliards de DH.

Le taux de rémunération appliqué aux entreprises se maintient

Que les ménages restent attachés aux dépôts rémunérés, même s’ils rapportent moins, est finalement compréhensible du fait qu’ils ne disposent pas vraiment d’alternatives de placements offrant la même flexibilité. En revanche, il est étonnant que les entreprises aient la même attitude. Celles-ci ont en effet fait croître substantiellement l’encours de leurs comptes à terme et bons de caisse auprès des banques de 17,2%, à 27,8 milliards de DH. Si l’on considère la période comprise entre les mois de novembre 2014 et 2015, on en est même à une progression record de 31,1%. Pour en comprendre les raisons, notons que les entreprises n’ont pas systématiquement vu leurs taux de rémunération chuter consécutivement à la baisse du taux directeur.

Certains clients, notamment les grands comptes, ont bénéficié du maintien de leurs taux de rémunération en fonction de leur intérêt commercial pour la banque.

L’une dans l’autre, les belles progressions des dépôts rémunérés drainés auprès de la clientèle des particuliers et des entreprises, ajoutées à de bonnes performances sur les dépôts non rémunérés, garantissent aux banques une croissance honorable de leurs dépôts globaux de 3,2%, à 793,3 milliards de DH à fin novembre. Avec les habituelles opérations d’embellissement des états financiers menées en fin d’année, qui pourraient doper l’encours de dépôts, il y a fort à parier que l’année 2015 sera un bon cru, s’agissant des ressources des établissements.