Les ménages inquiets sur l’évolution des prix de l’alimentation

L’indice de confiance a reculé au troisième trimestre par rapport à son niveau du trimestre précédent et celui de la même période de 2015. Les ménages trouvent que leur niveau de vie s’est dégradé depuis un an et pensent que cela va continuer sur les douze prochains mois.

Les ménages n’ont pas le moral, nous dit l’enquête de conjoncture du HCP menée auprès de cette population au troisième trimestre 2016. L’indice de confiance des ménages (ICM), précise l’enquête, a baissé en comparaison avec le trimestre précédent et le même trimestre de l’année dernière. Le HCP aurait pu ajouter que cet ICM, quand on observe son évolution sur la durée, c’est-à-dire depuis 2008, est globalement stable, à l’exception de l’année 2011, notamment le premier et le deuxième trimestre au cours desquels l’ICM dépassait la barre des 80 points.

Pour le troisième trimestre de cette année, les ménages sondés ont une opinion négative (en termes de solde) de l’évolution de leur niveau de vie. Et ce solde négatif s’est même détérioré par rapport au trimestre précédent et au troisième trimestre de 2015. Et cependant, pour les douze prochains mois, le solde négatif s’est légèrement atténué. Paradoxalement, cette atténuation est immédiatement contredite par le fait que les ménages s’attendent, toujours pour les douze mois à venir, à la hausse du chômage. Et c’est logique que dans ces conditions ils ne voient pas l’opportunité de procéder à des achats de biens durables. D’ailleurs, ils considèrent globalement que leur situation financière s’est dégradée au cours des douze derniers mois, mais que celle-ci pourrait s’améliorer l’année prochaine. Attention, cette amélioration pressentie ne devrait pas, cependant, permettre d’épargner. Les ménages trouvent que les prix des produits alimentaires ont augmenté depuis une année et pensent que cela va continuer l’année prochaine ; l’alimentaire pesant encore lourdement dans les dépenses des ménages (près de 40%).

Il est bien vrai que l’essentiel de l’inflation mesurée (par l’indice des prix à la consommation) est d’ordre alimentaire. Sur les dix premiers mois de 2016, en effet, l’inflation alimentaire a augmenté de 2,8% contre seulement 0,6% pour les produits non alimentaires, de sorte que l’inflation globale ressort à 1,7%.

Bien entendu, l’inflation ressentie, elle, est certainement beaucoup plus élevée, car la première, celle qui est mesurée, est une moyenne qui, comme telle, ignore les situations particulières. Dans ces conditions, il est normal que les ménages modestes, dont l’essentiel des dépenses va à l’alimentation, trouvent élevés les prix de ces produits.