Les Marocains souscrivent de plus en plus à  l’assurance auto internationale

Après avoir crû de 26,3% en 2012, le nombre de cartes vertes émises s’est inscrit en légère hausse en 2013. Les transferts au profit des victimes résidant à  l’étranger ou leurs ayants droit ont enregistré une hausse de 53%, à  42 MDH. Ils sont destinés en gros à  la France et à  l’Espagne. La part des MRE dans les sinistres déclarés est en baisse continue depuis 2008.

Les Marocains se déplacent de plus en plus avec leurs voitures lors de leurs voyages à l’étranger. A en juger par le nombre de cartes internationales d’assurance automobile (dites cartes vertes) émises. Selon les opérateurs, notamment quelques compagnies d’assurance et le Bureau central marocain d’assurance (BCMA) qui gère le système de cartes vertes au Maroc, il dépassait les 90700 en 2012 contre 71800 en 2011, soit une hausse de 26,3%.

Les chiffres sont toujours en augmentation en 2013 mais à un rythme moins élevé. «La hausse s’explique essentiellement par le fait que les ressortissants nationaux se permettent de plus en plus de se déplacer avec leurs voitures à l’occasion de leurs séjours à l’étranger, surtout pour les pays proches géographiquement, notamment l’Espagne», explique Ali Btar, conseiller chargé de la communication au Bureau central marocain d’assurance (BCMA), association de droit privé créée par l’ensemble des compagnies d’assurance pratiquant l’activité automobile.

«Depuis 2008, nous assistons à une progression soutenue des demandes», rapporte un responsable branche auto chez une grande compagnie de la place, qui reçoit au même titre que les autres opérateurs ces cartes du BCMA pour les remettre ensuite à leur clientèle.

Les victimes ont 5 ans pour faire valoir leur droit

Cette tendance est confirmée par l’analyse de la structure des sinistres sur les dernières années. En effet, la part des Marocains résidents à l’étranger (MRE) dans les sinistres déclarés est en baisse continue depuis 2008. Alors que près de 99,43% des dossiers de sinistres ouverts auprès du BCMA il y a 6 ans se rapportaient à ces mêmes ressortissants, cette proportion tombe à 97,73% en 2011 puis à 94,3% en 2012.

Etant donné que le BCMA gère et règle les sinistres survenus sur le territoire marocain et causés par des véhicules immatriculés à l’étranger (en majorité MRE), ou des sinistres survenus à l’étranger et causés par des véhicules immatriculés au Maroc, la baisse de la part des dossiers MRE traduit, toute chose étant égale par ailleurs, qu’il y a plus de trafic de l’autre côté.

Tout compte fait, le stock de dossiers de sinistres ouverts par le BCMA jusqu’en 2012 a atteint 3 900 dont plus de la moitié (2 065 dossiers) n’a été ouverte qu’en 2012.

«Cette concentration est due à deux raisons. En plus de la hausse des demandes adressées aux cartes internationales d’assurance sur les dernières années, plusieurs dossiers prennent du temps pour être portés à la connaissance du BCMA. Ainsi, des sinistres remontant par exemple à 2009 ou 2010 peuvent n’être constatés par l’ouverture effective de leurs dossiers qu’en 2011 ou 2012, voire plus tard.

La loi donne en effet aux victimes un délai de 5 ans pour faire valoir leur droit. Passé ce délai, leur demande n’est plus recevable», explique M. Btar.
Sur ce volume de dossiers, environ 908 seulement sont gérés directement par le BCMA. Le reste, soit 2992 dossiers, est délégué aux compagnies d’assurance ou à des organismes gestionnaires (compagnies étrangères) en vertu de la convention inter-bureaux de Londres (1969).

Cette gestion déléguée est de plus en plus pratiquée pour réduire les délais et permettre aux compagnies d’assurance de faire preuve de plus de célérité à l’égard des requêtes de leur clientèle au lieu de revenir vers le gestionnaire central.

56% des dossiers ouverts concernent des véhicules immatriculés en Espagne

La répartition des dossiers ouverts par le pays d’origine des véhicules auteurs des accidents traduit la prédominance de l’Espagne avec 56,1% suivie de la France avec 27,7%. Les véhicules immatriculés en Italie participent, pour leur part, à hauteur de 5,4% aux sinistres déclarés.

S’agissant des montants en jeu, le BCMA a transféré environ 42 MDH en 2012 au profit des victimes résidant à l’étranger ou leurs ayants droit contre 28 millions en 2011, et 21,9 millions en 2010. Sur ces transferts, 52,3% sont destinés à la France, 41% à l’Espagne et 2,5% à la Grande-Bretagne.

Sur la même année, les rapatriements d’indemnités de sinistres au profit des victimes résidant au Maroc ou de leurs ayants droit a atteint 42,1 MDH contre 41,1 millions en 2011, soit une hausse de 2,2%.

Connaissant la plus forte affluence des véhicules des Marocains, l’Espagne participe à hauteur de 46,4% au total de ces rapatriements suivie de la France (19%) et de l’Italie (18,7%). Ainsi, le rapport des transferts aux rapatriements s’établit à 100,4% contre 68,2% en 2011.