Les Marocains se replient sur le compte sur carnet : effet crise ?

A 83.5 milliards de DH d’encours à  fin septembre, ce placement a capté 54 milliards de DH en plus depuis 2000. La moitié de cet additionnel a été placée après 2008, avec l’éclatement de la crise.

Il reste de loin le placement sans risque préféré des Marocains. Il, c’est le compte sur carnet. En effet, alors que tous les autres dépôts stagnent ou baissent, les comptes d’épargne des banques, eux, totalisent à fin septembre 2011, 83,5 milliards de DH, en hausse de 7,3% depuis le début de l’année.  Cet encours n’était que de 29,3 milliards de DH en 2000, soit presque un triplement en 11 ans. En face, l’encours des dépôts à terme (DAT) et des bons de caisse (BC) draine certes un volume plus important, la base de clientèle étant constituée de populations plus aisées financièrement et d’entreprises. Mais en terme d’évolution, il a «tout juste» doublé, passant de 75,4 milliards de DH en 2000 à près de 154 milliards à septembre dernier. Même les comptes auprès de la Caisse d’épargne nationale ne peuvent se prévaloir d’un engouement comparable à celui des comptes sur carnet. Destiné lui aussi aux seuls particuliers, l’encours de ce produit plafonne aujourd’hui à 17 milliards de DH.

Les MRE plébiscitent encore plus les comptes sur carnet

L’engouement pour le compte sur carnet s’est spécifiquement accéléré depuis les années 2008-2009 qui ont concordé avec l’éclatement de la crise internationale. En fait, sur les 54 milliards qui se sont rajoutés à l’encours des comptes sur carnet depuis 2000, près de la moitié a été versée depuis tout juste 2008. Il faut dire aussi que depuis cette date, les taux de ces placements ont gagné quelques points de base. Pour le second semestre 2011, cette rémunération est de 2,96%.
En somme, la crise réussit bien au compte sur carnet, ce qui est loin d’être le cas des BC et DAT, dont l’encours a fluctué depuis 2008 pour se maintenir autour de 153 milliards de DH sur la période.
A noter que les MRE semblent encore plus convaincus du statut de placement refuge du compte sur carnet. Cette dernière catégorie de clientèle a en effet fait croître son encours de 13,4% depuis le début de l’année, à 7,3 milliards de DH. Tout cet engouement, les autorités monétaires l’ont bien compris et ont multiplié les mesures visant à capitaliser cette attractivité. Le relèvement du plafond des comptes sur carnet de 300 000 DH à 400 000 DH a été effectivement introduit ces derniers jours par circulaire. En outre, depuis avril 2011, Bank Al-Maghrib a décidé l’exclusion des comptes sur carnet de l’assiette de calcul de la réserve monétaire des banques. Même si, fondamentalement, cette mesure vise à libérer des liquidités pour les banques, elle devrait accessoirement les encourager à développer une politique volontariste en faveur des comptes sur carnet.