Les investissements étrangers sauvés par la vente des 16% de Maroc Telecom

80% des IDE ont concerné les télécoms, le tourisme et les holdings.

Comment se sont comportés les investissements extérieurs durant l’année 2005 ? La réponse est mitigée. Car si globalement les chiffres des investissements et prêts privés étrangers ont enregistré, à fin novembre 2005, un bond de 10 milliards de dirhams, passant de 9 milliards pour les onze premiers mois de 2004 à 19,2 milliards pour la période équivalente de 2005, cela est dû principalement à deux facteurs. D’une part, le paiement par Vivendi Universal des 16% du capital de Maroc Telecom, une opération qui était prévue en 2004 mais concrétisée en janvier 2005. D’autre part, le bon comportement de l’investissement touristique, particulièrement à Marrakech.

La France reste le principal investisseur
Pour le reste, les chiffres aujourd’hui disponibles concernent seulement le premier semestre 2005 qui demeure intéressant par rapport au premier semestre de l’année 2004. Ils se déclinent en investissements directs, soit 11,4 milliards de dirhams contre 5,5 milliards seulement, en investissements de portefeuille qui sont passés de 128 millions de dirhams au premier semestre de 2004 à 5016,2 millions pour la période suivante, soit plus de 300%, et enfin, les prêts qui ont aussi enregistré sur les deux périodes une hausse de 102%, passant de 296 à 597 MDH. On pourrait déduire de telles hausses que l’année a été exceptionnelle, sauf qu’elle a été dopée par l’opération Maroc Telecom.
Par secteur d’activité, à l’exception des télécoms (7,8 milliards de DH), du tourisme (817 MDH) et des holdings (186 MDH), qui ont enregistré une croissance pour le premier semestre 2005, tous les autres secteurs sont en baisse. Ainsi, le secteur immobilier a reculé de 33,2%, l’industrie de 25,5%, les grands travaux de près de 30%, l’agriculture de 39,7%, la pêche de 22,8% et la liste n’est pas exhaustive. De plus, il faut le souligner, les trois premiers secteurs représentent 80% de la masse des IDE.

S’agissant de l’origine de l’investissement, c’est toujours la France qui arrive en tête avec 77,5 %, suivie de loin par l’Allemagne avec 4,5% des parts, l’Espagne (3,1%), la Suisse (2,4%) et la Grande-Bretagne (2,3%). A noter que la plupart des pays arabes voient leurs investissements au Maroc baisser et des pays comme la Chine et le Japon stagnent.
L’attractivité du pays semble ainsi mise à rude épreuve, car en dehors des partenaires traditionnels comme la France ou l’Espagne, dont la présence est effective, les autres pays s’engagent avec des opérations ponctuelles