Les investissements directs étrangers ont progressé de 29% en 2010

Les principaux partenaires sont revenus en force. Le flux net pour le Maroc s’est établi à  11,4 milliards de DH. La vente de 40% de Meditelecom a quand même sauvé la mise.

Dans un contexte marqué par des tensions politiques un peu partout dans les pays du sud de la Méditerranée, il y a des faits qui rassurent. Ainsi des chiffres que vient de publier l’Agence de développement des investissements (AMDI) montrent que le Maroc reste une destination prisée par les investisseurs étrangers. A fin 2010, les investissements directs étrangers (IDE) ont progressé de 29% par rapport à l’année précédente, à 32,5 milliards de DH. Cette forte hausse intervient après deux années de baisse expliquée en grande partie par la crise financière internationale.
Le plus important pour 2010, c’est que le flux net de capitaux s’est établi à 11,4 milliards de DH, une fois que les 21,1 milliards que les entreprises locales ont investis à l’étranger sont défalqués.

Hormis les opérations ponctuelles, l’immobilier continue d’être la locomotive

Les IDE ont été particulièrement dopés par le chèque de 7 milliards de DH signé par France Telecom pour le rachat de 40% de Meditelecom et la vente de 10% du capital de BMCE Bank au Crédit Mutuel qui a déboursé 2,2 milliards. Corrélativement, les investissements français ont fait un bond, atteignant 10,1 milliards de DH sur les neuf premiers mois contre 7,25 milliards de DH à la même date de 2009, soit une appréciation de 39%. Les données partielles arrêtées à fin septembre révèlent également une reprise des investissements arabes. Les Emirats Arabes Unis marquent une progression de 67% et l’Arabie Saoudite de 191%. Sans l’opération Zain Wana du premier trimestre 2009, les investissements koweitiens seraient, en 2010, en augmentation de 17% au lieu d’un net recul. Sur toute cette année, ils s’élevaient à 3 milliards de DH. Sont également en hausse les investissements espagnols (+10%) suisses (+64%), belges (+50%) et américains (+49%).
Ces pays sont parmi les plus gros contributeurs. Seule la Grande Bretagne est en forte baisse (-290%), mais restent en vue avec un montant de 541 MDH, soit plus que les Etats Unis et l’Arabie Saoudite. Par branche, et à fin septembre (vente des 40% de Meditelecom non comprise), l’immobilier continue de jouer le rôle de locomotive. Il a cumulé 4,6 milliards de DH, en hausse de 15%.
Dans le tourisme et l’industrie, qui sont en 3e et 4e position, la croissance des IDE est respectable. Elle est respectivement de 53 et 80%, à 3,32 et 2,75 milliards de DH. Assurance, commerce, holdings et énergie et mine sont sur la même tendance. La banque, deuxième activité ciblée, a reçu moins d’IDE sur les 9 mois (-3,6% à 3,6 milliards de DH), mais les grosses opérations comme celle du Crédit Mutuel ne se répètent pas tous les ans. La même observation vaut pour les télécoms qui ont reçu 1,99 milliard contre 3,44 milliards.