Les industriels des matériaux de construction se prennent en main

Un plan de communication sur la qualité des produits locaux en préparation pour contrer les importations et l’informel. Le respect du cadre réglementaire sera bien mis en exergue dans les messages. Les industriels veulent commencer à exporter le savoir-faire local plutôt que de se limiter aux produits.

Cela fait trois ans que les industriels des matériaux de construction espèrent une stabilisation de leur marché et les premiers signaux pour 2017 portent à croire que ce n’est pas cette année que cela devrait se produire. En janvier, les ventes de ciment ont en effet baissé de 4,1%, à 1,2 million de tonnes écoulées. Une chute qui touche dans les mêmes proportions, voire plus gravement, les ventes de carreaux en céramique, de briques, de sable, sanitaires et autres produits corrélés au marché du ciment.

Mais à la différence des dernières années, les industriels semblent décidés à se prendre en main pour endiguer le reflux de leur activité. La Fédération des industries des matériaux de construction (FMC), qui a élu un nouveau bureau le 18 janvier dernier, compte ainsi muscler sa communication à travers des messages forts de nature à redonner du tonus à la demande sur les produits locaux. «Nous allons dérouler prochainement un plan de communication qui mettra l’accent sur les lois et normes sur la qualité des matériaux de construction», annonce David Toledano, président de la FMC. L’idée est de démontrer que les fabricants nationaux se conforment à ce cadre réglementaire. Encore faut-il que les différents acheteurs (particuliers, professionnels, distributeurs…) soient sensibles à la qualité, ce qui est loin d’être acquis sur un marché de prix. Et c’est à dessein que la communication de la FMC s’appliquera aussi à sensibiliser la demande autour de l’idée que le prix ne doit pas être le seul critère de choix, explique M. Toledano.

Création d’une commission dédiée à l’export

La fédération apporte à l’heure actuelle les dernières touches à son plan qui sera déroulé à travers plusieurs canaux (communication institutionnelle dans les médias, journées d’information aux professionnels et au grand public…). Evidemment, les industriels espèrent contrer par ces efforts les produits d’importation qui continuent d’affluer selon eux sur le marché local, ainsi que l’informel, véritable plaie pour les fabricants.

Ils examinent aussi plus attentivement les possibilités qui s’offrent à l’export. «Plus que l’exportation de produits, nous avons pris conscience que nous avons une force d’exportation de la technologie et du savoir-faire développés localement», explique M. Toledano. Une commission dédiée à l’export au sein de la FMC, présidée depuis la formation du nouveau bureau par le directeur général du sidérurgiste Sonasid, Amin Abrak, creuse aujourd’hui cette piste.

Les espoirs des industriels reposent enfin sur le contrat de performance des matériaux de construction signé il y a près d’un an entre le ministère de l’industrie et cinq filières : le préfabriqué, la céramique, le marbre, l’acier et le ciment. Celles-ci ont toutes soumis au ministère de l’industrie pour validation un programme d’action budgété. Les premières concrétisations sont attendues sous peu et elles devraient concerner le préfabriqué avec des mesures d’appui déroulées en faveur d’au moins trois projets, apprend-on auprès des professionnels.

Pour rappel, l’aide promise par le département de l’industrie aux professionnels consiste à former des profils répondant aux besoins par filière, région…, la mise à disposition de foncier proposé en locatif à travers tout le Royaume ou encore l’injection de moyens financiers pour appuyer l’investissement (développement d’une offre locomotive, favoriser l’agrégation au sein des secteurs, conduire des études…).