Les importations de blé tendre suspendues

Les négociants protestent contre le niveau élevé des droits
de douane
Le déficit en blé tendre est estimé à près
de 17 millions de tonnes.

Les droits de douane sur le blé tendre seront finalement ramenés à 90 ou 95% contre 135 % actuellement. Un taux qui n’avait pourtant été fixé qu’en juin dernier. La raison de cette baisse en est que les négociants se sont abstenus d’importer, compte tenu du coût de revient élevé. Car, outre le niveau des droits de douane, il faut aussi tenir compte du renchérissement des cours du blé tendre sur le marché international. Aujourd’hui, affirment les négociants, cette céréale est achetée à 165 dollars la tonne contre 120 dollars une année auparavant. Une situation largement expliquée par la sécheresse qui a frappé plusieurs pays exportateurs.
Dans de telles conditions, le prix du kilo de farine reviendrait à 4,30 DH au lieu de 3,40 DH. D’où des répercussions négatives sur le coût de production du pain. Sachant que les boulangers réclament depuis longtemps un rallongement du prix de la baguette, la situation pourrait dégénérer si le statu quo est maintenu. L’Etat a donc fini par céder. Mais, ces nouveaux taux devaient entrer en application le 1er octobre. Il semble qu’ils ne le seront pas avant le 15 du même mois.
Actuellement, les négociants, qui ne sont même pas satisfaits du nouveau barème proposé, estiment que le marché est à la limite de la pénurie en blé tendre parce que les importations sont suspendues. Au sein de la profession, on explique que les minoteries ont tourné avec les stocks et les récoltes de la dernière campagne. Le Maroc doit importer en moyenne 17 millions de quintaux pour couvrir une consommation d’environ 35 millions.

Pas de modificationpour le blé dur

Par ailleurs, les professionnels soulignent que les achats à l’étranger de blé tendre ne répondent pas seulement aux besoins en quantité mais également en qualité.
Concernant le blé dur, la modification du mode de calcul des droits de douane intervenue en juin dernier, n’a pas modifié de manière substantielle leur niveau qui se situe à près de 75%.
Rappelons que la hausse des droits de douane au lendemain de la bonne récolte visait à protéger la production locale, comme c’est le cas depuis que le marché est partiellement libéralisé. «Ce système vise à inciter les opérateurs à intervenir plus activement sur le marché national et offrir des prix attractifs aux producteurs …». Cette démarche est pertinente quand ont sait que le blé tire en grande partie sa compétitivité des collossales subventions que versent les gouvernements des pays producteurs (Union Européenne, Etats-Unis, Canada, Argentine…) à leurs agriculteurs. Mais quand cela s’impose, les pouvoirs publics se doivent d’être un peu plus réactifs