Les hôtels peinent à  retenir leurs clients… Tunisie et Turquie font mieux que le Maroc

En huit mois, les arrivées de touristes internationaux ont augmenté de 8 %, tandis que les nuitées ont chuté de 3 %
La France et la Grande-Bretagne sont à  l’origine de la baisse.
Le taux de remplissage moyen passe de 51% à  47%.

Les hôtels classés continuent de souffrir. La tendance observée depuis le début de l’année dans le secteur touristique se maintient. En août, les arrivées ont progressé de 2% par rapport au même mois de 2007, tandis que les nuitées reculaient de 1%. Selon le ministère de tutelle, cette baisse est expliquée par celle des non-résidents (- 4%), laquelle est due au recul des marchés français (- 6%) et britannique (- 17%). Le dévissage de ces deux grands émetteurs a néanmoins été, selon le ministère, amorti par «les bonnes performances réalisées avec la Hollande (+ 77%) et l’Espagne (+9%)». Avec – 5% et – 2%, Marrakech et Agadir sont les premières destinations à pâtir de cette situation et ce malgré une hausse globale des nuitées des résidents de l’ordre de 5%, soit l’équivalent de 30 000 lits. C’est donc au nord de ces deux villes que l’hôtellerie a le mieux profité de l’apport des nationaux. Par exemple, Tétouan a enregistré une amélioration de 9% de ses nuitées et Casablanca a réalisé 12% de plus qu’en août 2007.
Au total, sur les huit premiers mois, les arrivées aux frontières se sont accrues de 8% (+ 5% pour les touristes étrangers et + 11% pour les MRE), à 5,67 millions.
En revanche, les nuitées se sont dépréciées de 3% (-5% pour les étrangers, mais + 9% pour les résidents), à 11,69 millions. Sur cette durée, ce sont encore Agadir et Marrakech qui trinquent, avec -7% et -6%, alors que les autres villes progressent. Casablanca affiche 12%, Essaouira 8%, Tétouan 8%, Meknès 6% et Fès 6%.
Au niveau des marchés émetteurs, les nuitées de la Grande-Bretagne ont reculé de 21% et celles de la France de 8%. «Sans les mauvaises performances de ces deux marchés, on observerait une hausse de 2% au lieu de la baisse affichée de 3%», estime le ministère.
Quoi qu’il en soit, le taux d’occupation moyen continue de se dégrader (-4 points au terme des huit premiers mois, à 47%). Encore une fois, Agadir et Marrakech ont contribué à cette dépréciation : les taux d’occupation y sont passés de 69 à 60% et 69 à 59%. Quant aux recettes de voyages, elles ont pratiquement stagné, passant de 41 milliards de DH à 40,8 milliards de DH sur les huit premiers mois.

En Croatie, 8 millions de touristes et 43 millions de nuitées
L’essoufflement du secteur est donc bien perceptible, d’où, peut-être, la nécessité d’ajuster la promotion en fonction des événements. Car, à y regarder de plus près, malgré la crise, il y a des destinations comparables qui tirent leur épingle du jeu. Ainsi d’après un document de l’Observatoire du tourisme, la Tunisie, dont les arrivées ont crû moins vite que celles du Maroc (+ 5,4% contre + 8%) s’en sort mieux sur les nuitées, qui ont augmenté de 3,2%. Certes, le choix par la Tunisie du tourisme de masse explique la faiblesse des déperditions, mais le fait est là, ce pays termine la période avec 25 millions de nuitées, soit le double de celles enregistrées par le Maroc.
Les seules Iles Canaries ont, pour les huit premiers mois de 2008, reçu 6,25 millions de touristes, mais il est vrai que ces arrivées sont à considérer dans le cadre des 41 millions de touristes que l’Espagne a accueillis durant cette période. Pour rester dans un périmètre de comparaison raisonnable, la Croatie a reçu près de 8 millions de touristes et réalisé plus de 43 millions de nuitées alors que le Maroc en a réalisé moins de 12 millions.
Quant à la Turquie, elle a reçu, à fin août 2008, 18,5 millions de touristes. Ce pays s’est inscrit depuis le début de l’année en cours dans une tendance croissante (+10,4%), ce qui amortit la contre-performance du mois d’août (-10,8%). Le Maroc, qui continue d’afficher des hausses en termes d’arrivées, doit trouver des leviers pour augmenter la durée de séjour et donc le nombre de nuitées dans ses hôtels classés.