Les hôteliers sont sceptiques pour cette fin d’année

Marrakech devrait s’en tirer, Agadir moins bien. En France, principal marché émetteur du Maroc, le Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto) fait état d’un ralentissement des réservations.
Le salut pourrait venir des réservations de dernière minute.

La saison hivernale, habituellement haute-saison pour les destinations du Sud marocain, s’annonce compliquée. Professionnels et ministère de tutelle font preuve de prudence, voire de scepticisme. Devant le Parlement, le ministre du tourisme, Lahcen Haddad, ne s’est pour une fois pas retenu en annonçant que l’objectif des 10,7 millions de touristes en 2014 ne sera pas atteint. Finalement, l’année devrait se clôturer sur 10,41 millions de touristes, soit 3,2% de plus qu’en 2013.

Destination phare pour la période de fin d’année, Marrakech devrait bien s’en sortir compte tenu de plusieurs événements, la 11e Coupe du monde des clubs et le Festival international du film de Marrakech en tête. A partir du 27 décembre et jusqu’au 5 janvier, la tendance devrait se maintenir même si beaucoup de ventes se font à la dernière minute. «Certains hôtels seront complets en fin d’année mais cela reste aléatoire. Nous espérons bien sûr faire mieux que l’année dernière mais les professionnels restent prudents et font preuve d’attentisme compte tenu du contexte relativement difficile», commente Lahcen Zelmat, vice-président de l’Association régionale de l’industrie hôtelière (ARIH) de Marrakech.

Des facteurs exogènes pèsent sur la décision des clients

A Agadir, habituellement prisée par les marchés européens en cette période, il est très difficile de faire des prévisions. «La situation ne se présente pas très bien. C’est très variable selon les établissements. Tout dépend de leur catégorie, de leur positionnement, etc.», avoue Chafik Mahfoud, président de l’ARIH d’Agadir. Dans l’ensemble, il y a de la disponibilité partout mais elle est plus ou moins importante selon les établissements, à l’exception des deux Sofitel de la ville qui ont d’ores et déjà fermé la vente pour le jour de l’An. Pour M. Mahfoud, le taux d’occupation moyen devrait de toute façon être inférieur à celui observé à la même période de l’année dernière puisque la ville accueillait alors, avec Marrakech, la 10e Coupe du monde des clubs. C’est donc par rapport à 2012 que l’activité de cette fin d’année devra être comparée. «Nous devrions constater une légère baisse de la fréquentation parce qu’il y a des facteurs exogènes que nous subissons», rappelle le président de l’ARIH. Daech, virus Ebola et intempéries, que les médias internationaux ont couverts, handicapent fortement la destination. Déjà, les professionnels observent un ralentissement très important au niveau du flux de réservations. Pour la campagne touristique qui s’étale du 1er novembre 2014 au 31 octobre 2015, seulement une poignée de réservations est enregistrée chaque jour alors qu’elles peuvent atteindre 200 en temps normal.
En France, au moment où le Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto) présentait ses résultats annuels, son président René-Marc Chikli, cité par le site d’information spécialisé Tour Hebdo, résumait ainsi la situation : «On est sur un marché extrêmement compliqué, avec aucune visibilité sur l’hiver. Les réservations sont au ralenti et le moindre événement impacte immédiatement les ventes». Dans ce même média, Jean-François Rial, président du groupe Voyageurs du Monde, confirme : «Avec la crise et les problèmes géopolitiques dans le monde arabe, il y a un vrai décrochage des départs des Français en hiver». A fin novembre, les prises de commandes auprès des membres du Seto seraient même en retrait de 12%, rapporte l’Echo touristique. Néanmoins, les touristes ayant pris l’habitude de réserver à la dernière minute, rien n’est encore joué.