Les hôteliers s’apprêtent à  généraliser la télédéclaration des nuitées

La phase pilote a été menée avec 18 établissements n D’ici 2015, 3 000 unités d’hébergement devront adopter le système de télédéclaration. La refonte du système de classement est un autre grand chantier dans lequel sont impliqués les hôteliers.

L’assemblée générale ordinaire (AGO) de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH) qui s’est tenue le 12 juin n’a pas été une simple rencontre formelle. Les membres ont en effet fait le point sur les différents chantiers d’envergure ouverts dans leur secteur, parmi lesquels figure la généralisation de la télédéclaration des nuitées enregistrées par les établissements d’hébergement classés, qui sera généralisée en 2015 comme convenu avec le ministère du tourisme.

Lancée il y a un peu plus d’un an, une phase pilote concernant 4 établissements avait été réalisée à Rabat avant d’être étendue progressivement à 12 unités de Casablanca et Marrakech. En tout, 1500 unités, soit 50% du parc national et 77% de la capacité litière, adopteront le système durant l’année en cours. Les 1507 unités restantes le feront en 2015.
La télédéclaration, précisons-le, permet de dématérialiser et donc de simplifier, que ce soit pour l’hôtelier ou les autorités, la gestion des chiffres relatifs aux nuitées et des informations relatives aux clients.

Le nombre de types d’hébergement sera revu à la baisse

Les hôteliers se sont également penchés sur la refonte du système de classement des établissements touristiques. Ils sont revenus sur les principales caractéristiques du «système cible». Ils proposent ainsi que le classement accordé ne soit valable que 5 ans, soit la période équivalente au cycle habituel d’investissement, avec toutefois la mise en place de contrôles intermédiaires, au moins une fois durant la validité du classement.

A ce propos, on sait déjà que le futur projet de loi portant statut des établissements touristiques, qui doit être finalisé avant la fin de l’année en cours, devrait également introduire, à terme, le principe de participation de l’établissement concerné dans le coût de la procédure de classement, à commencer par les audits mystères et à l’image de ce qui se pratique déjà dans d’autres pays.

Le nombre de types d’hébergements devrait quant à lui passer de 14 actuellement à 10. Les catégories motel, auberge, pension, relais, centre ou palais de congrès devraient par exemple disparaître. «Résidence hôtelière» et «Résidence immobilière de promotion touristique» (RIPT) pourraient quant à elles fusionner et «Riad» et «Kasbah» feront probablement leur apparition. Des labels transverses de qualité facultatifs, comme les labels «Patrimoine Maroc», «Handicap» ou «Développement durable» devraient également être introduits pour mettre en avant les particularités de certains établissements. En outre, l’administration leur fournira un panonceau uniformisé.

Au cours des prochains mois, les hôteliers continueront de se retrouver à l’occasion de séminaires régionaux pour se concerter sur le texte. Ce dernier devra par la suite être ficelé et introduit dans le circuit d’adoption. Restera alors à finaliser les check-lists de classement et à les partager avec les professionnels, avant leur test sur terrain et leur validation, et à élaborer des cahiers des charges relatifs à l’hygiène et à la sécurité. La dernière étape consistera à mettre en place des outils d’accompagnement technique et financier du parc existant pour le préparer à l’entrée en vigueur de la réforme.

Les professionnels veulent réveiller Renovotel

Lors de leur réunion, les hôteliers sont également revenus sur les problèmes rencontrés dans le cadre de la 3e édition de Renovotel, ce fonds d’investissement garanti par la Caisse centrale de garantie (CCG) et doté d’une enveloppe de 500 MDH. Pour les professionnels, la réticence du secteur bancaire, qui oriente les hôteliers vers les autres crédits bancaires au détriment du fonds Renovotel, l’importance des sûretés exigées par la banque à l’opérateur en plus de la garantie de la CCG et l’inexistence d’objectifs chiffrés assignés aux banques pour la commercialisation de Renovotel freinent incontestablement l’utilisation du fonds. Pour y remédier, les hôteliers veulent que les banques soient davantage impliquées, notamment à travers des objectifs de commercialisation, et que la communication sur le fonds soit renforcée au niveau régional aussi bien en direction de leur profession que des banques.

Les professionnels réfléchissent également à une vision globale et intégrée qui permettrait de faire se converger Renovotel et d’autres instruments, tels que Moussanada Siyaha, destiné aux PME touristiques en phase de modernisation ou de restructuration, afin de proposer un package cohérent.