Les hôteliers n’ont plus aucun espoir pour 2012

La saison d’été est jugée catastrophique, à  l’exception de la dernière semaine d’août. Les prochains mois ne s’annoncent pas sous de bons auspices. Les opérateurs insistent sur l’urgence d’augmenter les ressources de l’Office du tourisme.

Les hôteliers marocains continuent de broyer du noir. Au vu de leurs propres estimations, ils ont déjà fait le deuil de leurs espoirs pour l’année 2012. Certes, durant la dernière semaine du mois d’août, tous les hôtels des villes côtières, et même ceux de Marrakech, ont fait le plein. Les Marocains qui n’avaient pas, pour leur majorité, pris de vacances avant Ramadan, s’y sont rendus en masse au point qu’il était devenu très difficile durant cette semaine de trouver où loger. D’autres, dans une moindre mesure, ont opté pour la traversée du détroit pour passer quelques jours dans les stations balnéaires du sud de l’Espagne ou du Portugal.

Mais, font remarquer à juste titre la plupart des professionnels du tourisme, la petite éclaircie de la fin du mois d’août ne peut en aucun cas compenser les baisses de fréquentations constatées durant Ramadan qui a commencé cette année le 21 juillet. Et certains hôteliers, ceux de Marrakech en particulier, ne manquent pas de faire remarquer que les offres promotionnelles faites par les hôtels ne sont pas étrangères à la ruée de fin août. Dans la ville ocre, les prix auraient baissé d’environ 30% en comparaison avec ceux de la même période de l’année dernière.

Maintenant, il faut attendre la publication par l’Observatoire du tourisme et le ministère de tutelle des statistiques officielles des arrivées et des nuitées de juillet 2012, lesquelles devraient être rendues publiques dans quelques jours, pour avoir une idée plus précise de la situation. Il s’agira ainsi de confronter ces chiffres avec les déclarations des professionnels dont certains sont au bord de la crise de nerfs. Mais d’ores et déjà, une source proche de l’Association des hôteliers de Marrakech, la première destination du pays,  affiche pour ce mois de juillet une baisse de 18% des arrivées dans cette ville.

En revanche, une autre source à la station balnéaire de Mazagan affirme que la station a bien travaillé durant cet été, y compris en août, avec les touristes étrangers. Car comme chacun sait, les Marocains ne bougent pas du tout durant Ramadan. La bonne fréquentation de Mazagan s’explique par les campagnes de promotion menées cette année par les équipes de la station dans les marchés émetteurs. Pour le reste de l’année, même si rien n’est encore joué, pour les hôteliers les dés sont déjà jetés. En effet, si l’Office national marocain du tourisme (ONMT), se basant sur les prévisions des tour-opérateurs européens qui auraient enregistré une hausse de 36% sur la période allant de juillet à décembre, affiche une certaine sérénité, les hôteliers mettent un bémol à cet optimisme. Ils attirent l’attention sur le fait que les voyages forfaitaires ne représentent pas plus de 30% des arrivées touristiques.

Les sources du mal  sont  à chercher ailleurs, estiment-ils, précisément dans la désertion des compagnies à bas coûts de la destination Maroc. Et le remède résiderait dans  une refonte de la promotion, y compris en augmentant le budget de l’office qui reste à leurs yeux très insuffisant. Seulement 500 MDH lui sont alloués annuellement.

Le coût du transport décourage les touristes étrangers

En effet, la fuite des compagnies low-cost s’est traduite par une flambée des prix du billet d’avion entre le Maroc et les capitales européennes. Et il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur les tarifs publiés en ce moment pour se ranger à cet argument. En d’autres termes, cette hausse des prix du ticket pourrait influencer fortement les décisions d’achat, et donc le choix de la destination des touristes, particulièrement pour les fêtes de fin d’année. Cela est d’autant plus probable que les décisions de voyager des touristes étrangers se prennent à l’avance, et en ce moment, des destinations comme l’Egypte ou la Tunisie, et même la Turquie, sont nettement moins chères que le Maroc. La raison est que ces pays concurrents n’hésitent pas à subventionner les vols. La promotion du pays devrait, selon les professionnels, se pencher sans tarder sur la stimulation des fréquences aériennes vers le Maroc. Mais, est-ce possible avec un budget aussi réduit que celui de l’ONMT ?