Les hôteliers contraints de se mettre à  internet pour vendre leurs chambres

Une étude commanditée par l’Office du tourisme confirme que les touristes achètent
de moins en moins de packages

Les professionnels et les régions devront s’associer
pour la promotion.

«Les marchés émetteurs de touristes ont changé, nous devons en faire autant». C’est la conclusion à  laquelle sont arrivés les professionnels du tourisme. Jusque-là , le tourisme national a largement profité des initiatives des pouvoirs publics : ouverture du ciel, accord du gouvernement avec des tour-opérateurs sur certaines destinations et promotions sur des marchés cibles. Aujourd’hui cette stratégie, nécessaire, a pourtant atteint ses limites. En témoigne la tendance à  la baisse constatée en ce début d’année (voir page suivante). Le tourisme marocain doit trouver d’autres ressorts comme vient de le dévoiler l’étude commanditée par l’ONMT et dont une partie des résultats a été présentée la semaine dernière aux professionnels. L’étude qui a coûté 20 MDH, selon certaines sources, révèle que si le Maroc reste de manière générale une destination assez cotée, les touristes qui le visitent le font de moins en moins dans le cadre de packages avec billet d’avion, chambre d’hôtel et demi-pension.

Accor tire profit de son anticipation
Les touristes se mettent à  voyager autrement, il faut donc les toucher autrement. Et, en premier lieu, investir internet, ce qui coûte certes beaucoup d’argent mais permet à  coup sûr d’augmenter les ventes en direct. Encore faut-il avoir, pour cela, des prix adaptés. Un groupe comme Accor qui associe ventes des tour-opérateurs et ventes directes l’a bien compris. Ainsi, 35% des ventes du Novotel de Casablanca sont réalisées par internet. Plus rentables, car débarrassés de la marge d’intermédiation, les tarifs d’internet permettent de compenser le manque à  gagner enregistré sur les ventes par le biais des tour-opérateurs.

Deuxième leçon : la promotion elle-même doit changer et, désormais, il semble que l’on s’achemine vers une promotion qui associe les professionnels et les régions, comme à  Agadir. De nombreuses opérations sont prévues, selon le président du CRT de cette ville, Abderrahim Oumani, pour sauver la saison d’hiver 2008.

Ainsi, outre la présence effective à  des manifestations dans des pays émetteurs pour promouvoir le tourisme balnéaire d’Agadir, il est prévu dès le mois de juin un train publicitaire pour sillonner les villes allemandes et présenter la destination. Le marché anglais sera approché par une opération en direction des agents de voyages et de la presse.