Les guides touristiques pourront se constituer en sociétés

2 780 guides exercent sur l’ensemble du territoire, dont 11% en milieu rural. Leur moyenne d’à¢ge, 46 ans, et 50% ont un diplôme universitaire. A 60 ans, l’aptitude physique doit être prouvée pour le maintien en activité.

Le projet de loi régissant la profession de guide touristique a enfin été adopté par la Chambre des représentants le 24 mai et transmis à la Chambre des conseillers. Ce texte vise avant tout à organiser une profession dominée par l’informel. Mais avant même que le texte ne soit promulgué, les consultations vont bon train en vue de préparer les textes d’application dont l’un des objectifs serait de délimiter le champ d’action des guides dont certains, internet aidant, empièteraient sérieusement sur l’activité des agences de voyages en vendant des services qui sont en dehors de leur domaine de compétence. D’après des chiffres officiels, ils sont 2 780 guides à exercer sur l’ensemble du territoire, dont 11% de guides de montagnes. Ces guides ont une moyenne d’âge de 46 ans et la moitié d’entre eux ont, tout de même, un niveau universitaire. 75% exercent de manière individuelle et seulement 25% sont des salariés d’agences de voyages. Ils disent avoir un revenu moyen de 5 000 DH, ce qui laisse sceptique quand on connaît les pratiques de versement de commissions qui ont cours dans ce métier, pratiques que la loi gagnerait aussi à légaliser et réglementer.

L’agrément transmissible aux héritiers sous conditions

Le projet de loi distingue clairement entre les guides des villes et circuits touristiques et les guides de campagne qui doivent obtenir une autorisation du ministère à condition d’avoir les compétences et la formation adéquates dont les détails seront définis par un texte d’application. Aucune limite d’âge n’est fixée par la loi pour l’exercice de cette activité. Cependant, à l’âge de 60 ans pour les guides de villes et 55 ans pour ceux de campagne, ils doivent justifier de leur aptitude physique pour pouvoir continuer à exercer leur métier. Au niveau de l’organisation, les guides agréés sont autorisés à se constituer en sociétés -le droit d’exercer leur métier de manière individuelle est préservé- à condition que le champ d’action soit cantonné à l’activité de guide, et que leurs dirigeants légaux soient choisis parmi les associés. Pour obtenir l’autorisation d’exercer, ces sociétés doivent répondre à un cahier des charges précis sur les prestations à fournir, sur  le niveau de formation des employés, etc.
Précision utile : si un associé décède, ses héritiers ne sont pas en droit de le remplacer en tant qu’actionnaires, à moins qu’ils ne soient eux-mêmes formés pour être guides. Dans le cas contraire, ils doivent céder leurs parts à un associé ou plusieurs, ou même un tiers qui remplit les conditions, dans un délai ne dépassant pas 6 mois.
Enfin, les sociétés de guides sont tenues de se constituer en associations professionnelles régionales et de constituer une fédération nationale, selon la loi en vigueur,  pour être l’interlocuteur des pouvoirs publics.