Les grèves reprennent à  la Conservation foncière

Le syndicat proteste contre la détention, qualifiée d’injuste, de fonctionnaires de la Conservation foncière.
Après deux débrayages de 2 heures chacun, une grève de 24 heures a été observée le 10 juillet.

Le feuilleton de la Conservation foncière est bien lancé pour l’été. Mardi 10 juillet, les employés de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), se sont mis en grève pour 24 heures.

Les mardi 3 et mercredi 4 juillet, le débrayage a duré deux heures, de 10 h à  12 h. Benacher Tafah, secrétaire général du syndicat national de la Conservation foncière, affilié à  l’UMT, explique les raisons du mouvement : «Nous nous mettons en grève par solidarité avec nos collègues qui ont été incarcérés en détention préventive pendant de nombreuses semaines, voire des mois, et qui ont finalement été innocentés par le tribunal».

En effet, ces derniers mois ont connu une multiplication des affaires de faux et usage de faux, escroqueries et autres, impliquant des employés et cadres de la Conservation foncière. Ainsi, l’ancien conservateur de Ryad, à  Rabat, est resté en détention préventive durant 9 mois, avant d’être innocenté par le tribunal, dans le cadre de l’affaire du ressortissant algérien spolié de son terrain à  Souissi. Deux autres employés à  Casablanca sont allés en prison pour des affaires similaires avant qu’un non-lieu soit prononcé. Le premier est resté en détention préventive durant six mois alors que le second est resté derrière les barreaux pendant neuf jours. «Ces affaires montrent que nous ne bénéficions d’aucune protection», souligne pour sa part Aziz Fadel, secrétaire régional du syndicat à  Casablanca.

L’arrestation du conservateur de Tanger, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase
Le secrétaire national tient pour sa part à  clarifier la situation. «Nous avons toujours combattu la corruption et les pratiques douteuses mais, d’un autre côté, nous tenons aussi à  la protection des employés honnêtes dans le cadre de leur travail», explique Benacher Tafah, donnant l’exemple du conservateur de Tanger, actuellement en détention pour une affaire. «C’est un employé connu pour son intégrité et son sérieux. Il se trouve actuellement en prison pour avoir appliqué à  la lettre des ordres écrits de sa hiérarchie», explique le syndicaliste.

A signaler que cette affaire concerne un terrain d’une vingtaine d’hectares, actuellement propriété de Miloud Chaâbi, qui aurait été frauduleusement cédé à  plusieurs reprises. En cours de semaine, la police judiciaire a même entendu le conservateur général.

Les syndicalistes n’entendent pas s’en arrêter là  dans leur mouvement de protestation. Selon eux, le malaise que connaà®t l’agence commence à  peser sur leur travail. Ils assurent qu’ils n’hésiteront pas à  monter en puissance s’il le faut. Quant au directeur général de l’agence, il n’a pas souhaité faire de commentaires sur la situation, malgré nos différents appels.