Les géomètres de la Méditerranée s’inquiètent de l’aggravation de la pollution sur le littoral

Les politiques publiques sont menées sans aucune concertation entre les Etats. Les géomètres attirent l’attention des pouvoirs publics et des organisations internationales financières sur la bonne gestion et le développement durable du littoral.

L’Union méditerranéenne des géomètres (UMG) vient de tenir son premier congrès international à Marrakech. Consacrée à la problématique du littoral, cette manifestation soutenue par l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes du Maroc (ONIGT), la Fédération des géomètres francophones (FGF) et l’Union arabe des géomètres (UAG) a été axée sur quatre thèmes : politiques foncières et gestion de l’espace, enjeux du développement durable dans le bassin méditerranéen, gestion du littoral et développement des compétences. Les intervenants ont commencé par évaluer les actions sur l’espace, sachant que le bassin méditerranéen est encadré par des régimes juridiques multiples et complexes, voire divergents. Par conséquent, l’aménagement souffre d’une absence manifeste d’harmonisation et d’homogénéisation.

Ont ensuite été identifiés les leviers du développement durable dans la région méditerranéenne en la plaçant dans son environnement historique et social et, surtout, en se basant sur l’expérience internationale. «Car, au-delà de l’aspect technique de la gestion et de l’organisation de l’espace communautaire méditerranéen, les politiques publiques engagées par les Etats de la région reflètent l’acception que chaque communauté a de son environnement littoral et de la manière d’optimiser son aménagement territorial global», explique un intervenant tout en tirant la sonnette d’alarme sur le fait que le littoral méditerranéen fait l’objet d’une exploitation économique et en ressources naturelles qui engendre dégradation et pollution.

Un manifeste baptisé «Déclaration de Marrakech» a été rendu public

La séance consacrée au capital humain en tant que facteur essentiel dans toute politique de gestion et d’organisation de l’espace, a, quant à elle, été pour les congressistes l’occasion d’insister sur la nécessité d’aiguiser les compétences et de renforcer le savoir et le savoir-faire.

Tous ces échanges ont été synthétisés dans un manifeste baptisé «Déclaration de Marrakech», un texte constituant un appel solennel aux organisations professionnelles membres de l’UMG, aux pouvoirs publics du pourtour méditerranéen et aux organisations internationales financières (gouvernementales et inter-gouvernementales) pour qu’ils prennent conscience de l’importance des changements climatiques et de la nécessaire adéquation entre la gestion, l’aménagement et l’organisation de l’espace, en particulier le littoral. Les pouvoirs publics sont également invités à mettre en place des infrastructures nationales de données géospatiales afin de faciliter une planification rationnelle des activités de développement. Reste à savoir si les géomètres seront entendus. En tout cas, il y va de la préservation des écosystèmes naturels dans la sous-région.