Les fonds pour l’innovation désormais à  la disposition des entreprises

Trois conventions de financement signées lors du deuxième Sommet de l’innovation du 2 mars. C’est le Centre marocain de l’innovation qui sera chargé de gérer les subventions.

Pendant longtemps, l’une des lacunes des produits exportables marocains résidait dans leur faible teneur en valeur ajoutée. Certes, les nouveaux métiers du Maroc, notamment l’offshoring, l’aéronautique, les équipements automobiles, entre autres, sont une exception. Mais de grands secteurs et non des moindres, comme le textile, l’agroalimentaire ou encore les mines, sont encore confrontés au problème. Or qui dit valeur ajoutée dit valeur commerciale plus élevée et donc forcément des recettes à l’export certainement plus importantes. C’est là que réside, entre autres, l’une des clés de la problématique de notre balance commerciale. Mais si le constat est fait depuis longtemps, ce n’est que récemment que les pouvoirs publics s’y sont attaqués sérieusement. Et pour faire des produits à haute valeur ajoutée, il n’y a pas de secret : il faut de la créativité et donc de l’innovation. Et c’est à juste titre que le ministère de l’industrie et du commerce a érigé l’innovation en projet phare presque au même titre que les autres feuilles de route sectorielles comme Emergence, Maroc Numeric ou Rawaj. C’est précisément en juin 2009, en marge du premier sommet marocain de l’innovation, que le ministère avait dévoilé les grandes lignes de sa stratégie en la matière. Le deuxième sommet vient de se tenir le 2 mars. Une occasion pour le ministère de faire le point sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de cette stratégie, baptisée Maroc Innovation. Qu’est-ce qui a été promis ? Qu’a-t-on fait depuis ? Et que reste-t-il à faire ? Un exercice auquel s’est prêté volontiers le ministre Ahmed Chami. Et déjà, d’entrée de jeu, une très bonne nouvelle. Si l’innovation est assurément une affaire de matière grise, il n’en demeure pas moins que l’innovation passe par la recherche dont le financement est le nerf de la guerre. Aujourd’hui, et comme promis, des fonds importants sont désormais disponibles pour l’encouragement de la recherche et de l’innovation. La preuve, sur les cinq conventions signées en marge de ce deuxième sommet, trois portent sur le soutien financier aux activités de recherche et développement. Elles portent, entre autres, sur la mise en place d’instruments de financement de l’innovation. Il s’agit d’Intilak, une subvention accordée aux start-up innovantes en plus de deux subventions destinées au soutien des processus d’innovation engagés par des entreprises en phase de développement. Ces instruments seront gérés par le Centre marocain de l’innovation et financés par le Fonds national de l’innovation.
Le ministre a rappelé également des avancées réalisées sur d’autres chantiers de la stratégie, notamment l’offre Maroc pour le développement des clusters et d’infrastructures dédiées à l’innovation ou encore les mécanismes mis en place pour la mobilisation et l’encouragement des talents. La meilleure preuve en est la remise de trophées de l’innovation organisée en marge du sommet et qui constituera désormais un rendez-vous annuel pour motiver davantage les entreprises à aller vers plus de créativité.