Les fonds de garantie habitat piétinent

Seulement 424 dossiers approuvés par le Fogarim

Critères et procédures sont à revoir.

Le système de garantie du financement du logement social démarre discrètement, trop discrètement. Le Fogaloge, destiné aux salariés du secteur privé, est toujours attendu, tandis qu’au 15 mars seulement 424 dossiers ont été agréés par le Fogarim (Fonds de garantie des prêts au logement en faveur des populations à revenus modestes ou non réguliers).
Pour autant, les promoteurs gardent confiance dans ce nouveau système, tout en s’accordant à affirmer qu’il nécessite quelques ajustements. Tout d’abord, du côté des points positifs : «Le Fogarim a permis à au moins 400 familles d’accéder à la propriété. Sans ce fonds, ces dernières n’auraient pas pu obtenir le crédit bancaire», précise Abderrazzak Waliallah, directeur général adjoint du groupe Addoha. Et, malgré un démarrage en retard, puisque les premiers dossiers n’ont été introduits dans le circuit qu’en août 2004, de l’avis des intervenants, les procédures sont, actuellement, bien huilées. Une liaison on-line a été mise en place entre la CCG (Caisse centrale de garantie), organisme gérant ce fonds, et les banques, pour accélérer le traitement des dossiers. Le délai de réponse est actuellement limité à 48 heures.

Les taux d’intérêt sont jugés élevés
Du côté des points négatifs, même si toutes les banques, via le GPBM (Groupement professionnel des banques du Maroc), ont signé la convention de création du Fogarim, seuls le CIH et la BCP y sont actifs.
En fait, explique-t-on, le facteur rédhibitoire est relatif au taux d’intérêt, qui atteint 8,25%. En effet, en considérant que le prix d’un logement social est de 200 000 DH et que la mensualité ne doit pas dépasser 1 000 DH sur 25 ans, le montant à financer est plafonné à 120 000 DH. Par déduction, l’apport personnel de l’acquéreur doit s’établir à 80 000 DH, alors que les bénéficiaires de ce fonds n’ont généralement pas pu constituer une telle épargne. Pour remédier à ce problème, le ministère de l’Habitat et de l’urbanisme et celui des Finances réfléchissent à une solution. Plusieurs pistes sont à l’étude.
Enfin, on évoque également l’allègement des critères d’éligibilité, notamment le plafonnement de la mensualité à 1 000 DH. Les responsables du ministère de l’Habitat espèrent aussi constituer un comité de suivi de ces fonds pour activer leur fonctionnement. Ils prennent l’exemple du Fogalef, fonds géré par la CCG pour le compte de la Fondation Mohammed VI pour l’éducation-formation, qui connaît, quant à lui, un franc succès, puisque 13 027 dossiers ont été approuvés, totalisant 2,07 milliards de crédits bancaires .