Les exportations du Maroc devraient progresser de 10% en 2014

Dans le trio de tête des pays qui vont générer cette croissance figurent l’Espagne, la France et l’Allemagne. La chimie, le textile et l’agroalimentaire contribueront à  hauteur de 70% de la valeur additionnelle des exportations. Les professionnels estiment que l’amélioration des exportations n’est pas aussi systématique.

Le Maroc améliorera ses ventes à l’international en 2014. C’est du moins ce que projette l’Observatoire international du commerce dans son rapport consacré au Maroc. On y apprend qu’au total la demande adressée au Royaume augmentera de 16 milliards de dirhams, soit une croissance d’environ 10% par rapport au total des exportations marocaines attendu à fin 2013 (148 milliards de DH). Dans le trio de tête des pays qui vont générer cette croissance on retrouve l’Espagne (près de 2,7 milliards), la France (1,9 milliard) et l’Allemagne (830 millions). Selon l’observatoire, la sortie de récession de la zone euro induira une reprise mécanique des exportations marocaines. La timide croissance de 0,9% attendue pour cette zone en 2014 devrait en effet générer systématiquement près de 8 milliards de dirhams d’exportations additionnelles par rapport à 2013.

Par secteur, la chimie verra ses exportations augmenter d’environ 4,15 milliards de DH et le textile rehaussera ses performances à l’export de 3,48 milliards de DH. Ces deux secteurs seront les principaux bénéficiaires de la reprise de la demande mondiale adressée au Maroc, représentant à eux seuls près de 50% du supplément. En troisième lieu figure l’agroalimentaire dont les ventes à l’international sont attendues en hausse d’environ 3,1 milliards de DH, soit une contribution à la prestation globale d’environ 20%. L’électrique contribuera également à cette embellie avec un plus de 1,81 milliard de DH, suivi par l’électronique (+579 MDH), le minier non-ferreux (+505 MDH), la mécanique (+350 MDH), l’automobile (303 MDH), le bois et papiers (+283 MDH), alors que la sidérurgie, dont les opérateurs principaux sont toujours en crise, enregistrera une progression légère de ses exportations (+178 MDH).

Le Maroc a gagné 60 places entre 2007 et 2012 dans l’indice de connectivité maritime de la Banque mondiale

Toutefois, chez les professionnels, le discours est nuancé et n’est pas du tout du même optimisme. Pour la Fénagri, ce qui est sûr c’est que les perspectives sont plutôt favorables avec la bonne campagne agricole. Mais, pour se projeter à l’international et évaluer le supplément de demande qui sera adressé au secteur, le président de la fédération préfère ne pas s’y aventurer. Pour lui, la problématique réside dans le fait   de savoir si l’offre marocaine est aujourd’hui capable de s’adapter à cette demande si celle-ci vient à augmenter. «D’autant plus que l’agroalimentaire exportable se situe sur des niveaux basiques d’industrialisation et ne dépasse pas généralement le deuxième niveau de transformation», concède Amine Berrada Sounni, président de la fédération.

Pour sa part, Hakim Abdelmoumen, président de l’Association marocaine de l’industrie et du commerce de l’automobile, se retient de parler d’une reprise garantie. Pour lui, le potentiel du secteur est là, sauf que parler d’un taux de croissance exact n’est pas souhaitable vu que le marché de l’automobile au niveau mondial connaît des soubresauts en continu.

Sur un ton plus catégorique, l’association des textiliens ne se retrouve pas dans les projections des experts de l’Observatoire international du commerce. «3,4 milliards représente un plus de 10% par rapport à ce que réalise le secteur aujourd’hui. Ce qui est vraiment très décalé de la réalité. Il ne faut pas se leurrer. Nous avons mis beaucoup de retard à mettre en application notre stratégie. Pour atteindre des prestations de ce genre, il faut perfectionner plusieurs axes», commente El Mustapha Sajid, président de l’Amith. Selon lui, tant que les opérateurs ne sont pas dans l’optique de création de la valeur ajoutée, le secteur ne peut aspirer à de telles prouesses. Surtout que ce secteur-clé de l’export marocain pâtit d’une dynamique défavorable des coûts qui le défavorise par rapport à ses concurrents.

Selon l’Observatoire du commerce, cette dynamique défavorable des coûts doit être compensée par la qualité des biens exportés et des services offerts, par les équipements d’infrastructures et un élan d’attractivité. «Le Maroc bénéficie en effet d’atouts non négligeables : l’économie marocaine est placée au troisième rang mondial après la Chine et la Corée du Sud dans le classement d’effort d’intégration aux réseaux de transports mondiaux. Et les projets de grande envergure se multiplient, comme en témoigne le complexe portuaire Tanger Med qui a connu un franc succès depuis son inauguration il y a six ans. Le pays a ainsi gagné 60 places entre 2007 et 2012 dans l’indice de connectivité maritime de la Banque mondiale», expliquent les experts de l’observatoire.