Les experts cogitent sur les sources d’une agriculture durable

300 publications, 1 200 participants et 5 continents représentés.
Un traitement approprié des sols est le garant de la sécurité alimentaire.

Le symphos 2015 s’est déroulé du 18 au 20 mai à Marrakech. Cet évènement, organisé par le groupe OCP, est devenu une rencontre incontournable pour les industriels et opérateurs du phosphate dans le monde, et un centre de réflexion de plus en plus prisé par les chercheurs. Il a drainé cette année plus de 1200 participants venant d’une quarantaine de pays des cinq continents.

Plus de 300 publications ont été soumises à l’appréciation du comité d’organisation qui n’en retiendra à l’issue de sa sélection finale que 164. Il faut dire qu’à l’image des salons Halieutis de la pêche et celui de l’agriculture, la politique gouvernementale s’oriente fortement vers le développement durable et la durabilité des ressources. A raison. En effet, la population mondiale, qui est actuellement de 6 milliards d’habitants, devrait atteindre 8 milliards d’ici 2020 et 9,4 milliards d’ici 2050 et la population des pays en voie de développement sera probablement de 8,2 milliards.

Des technologies nouvelles spécifiques aux caractéristiques des sols devront être développées

Approximativement, 50% des terres potentiellement cultivables sont actuellement en cultures annuelles ou permanentes. De plus, 2 milliards d’hectares ont été dégradés et cela continue en raison de nombreux processus, principalement liés à une mauvaise gestion des terres. Nourrir toutes ces personnes ne sera pas une tâche facile.

Dès lors, l’idée globale qui ressort des différentes interventions est que la sécurité alimentaire dans les pays en voie de développement passe par une intensification durable des systèmes de production agricole pour réaliser des gains de productivité et augmenter les revenus.
Dans ce contexte, des technologies nouvelles spécifiques aux caractéristiques des sols devront être développées, mises à l’essai et transférées aux agriculteurs dans un temps relativement court. Ainsi, l’utilisation appropriée des phosphates naturels en tant que sources de phosphore peut contribuer à l’intensification agricole durable, en particulier dans les pays en voie de développement dotés de ressources en phosphate, dont notamment le Maroc.

Cependant, plusieurs facteurs influencent l’efficacité agronomique du phosphate: les caractéristiques du sol, les conditions climatiques, l’espèce cultivée et les techniques de gestion. Une substitution élevée du carbonate sur le phosphate dans la structure du cristal d’apatite, une faible teneur de carbonate de calcium en tant que minerai accessoire et une dimension de particule fine augmentent la réactivité des phosphates naturels et leur efficacité agronomique.

Ainsi, une augmentation de l’acidité du sol, une forte capacité d’échange cationique, des niveaux bas de calcium, une capacité élevée de rétention du phosphate dans les sols et de phosphate en solution et une teneur élevée en matière organique favorisent la dissolution des phosphates naturels. Les sols avec un statut phosphaté intermédiaire sont considérés comme mieux adaptés pour une application des phosphates naturels que les sols ayant une déficience sévère en phosphaten.