Les experts auto militent pour un système unifié de traitement des dossiers

52 000 cas traités chaque année, 35 000 références automobiles, un système d’information pour chaque compagnie
Deux grandes interfaces informatiques paramétrées selon les besoins de chaque compagnie d’assurance coexistent.

L’explosion des ventes automobiles ne génère pas seulement des problèmes de circulation, mais également une multiplication des accidents. Plus de 52 000 dossiers sont ainsi traités par les experts qui interviennent à la demande des compagnies d’assurances pour constater les dommages et évaluer les coûts. Une bonne affaire pour la cinquantaine de professionnels auxquels échoient 90% des dossiers. Le revers de la médaille est que leur tâche est loin d’être une sinécure si l’on sait qu’il existe 35 000 références automobiles qui comportent elles-mêmes une multitude de pièces de rechange.
Pour la profession, le problème de la normalisation des procédures se pose donc avec acuité. Chaque compagnie a sa propre interface et les experts doivent disposer d’un ordinateur – ou du moins d’un logiciel – dédié à chacune. Selon Younes Saïh, un membre de la profession, «cette formule est difficile à gérer ». En effet, cela nécessite un investissement en ressources humaines, en équipement informatique et en formation aux différentes interfaces. Un cabinet d’experts qui naguère se contentait d’une assistante et d’une machine à écrire prend rapidement des allures de PME informatique.

Une course entre deux grands acteurs pour la fourniture d’un système unique aux assureurs
C’est dans ce contexte qu’une course semble s’être engagée entre deux acteurs de la place, en l’occurrence L’Expert automobile et Expertis, pour la fourniture d’un système unique aux assureurs. Le premier revendique la position de pionnier. Il a déjà équipé Wafa Assurance et connecte ses 32 experts via une solution web. L’entreprise affirme également être en négociation avec Axa. Quant au second, il a équipé la CNIA, RMA Watanya et Es Saada.
Il faut dire que le créneau a de quoi séduire. Aujourd’hui, on estime le chiffre d’affaires de l’assurance à 14,78 milliards de DH (exercice 2006). Environ 40% de ces primes collectées le sont au titre de l’assurance automobile, soit près de 6 milliards de DH ; 10% des primes sont destinés à la réparation de véhicules en cas d’accident, soit 600 MDH. De quoi en allécher plus d’un ? Si l’on sait qu’en France et en Europe, c’est une seule entreprise qui tient le monopole de l’interface de gestion des dossiers de sinistres automobiles, ce sera certainement le cas au Maroc. En attendant l’uniformisation, certaines compagnies d’assurances, à l’image d’Axa, ont développé des solutions «ad hoc».
L’avantage d’un système uniforme est incomparable en termes de vitesse de traitement. «En Europe, le traitement des dossiers de sinistres automobiles avant l’informatisation relevait du travail de fourmis. Un expert arrivait à grande peine à boucler ses 2 000 dossiers par an en travaillant de l’aube jusque tard dans la nuit. Aujourd’hui, c’est ce qui est traité mensuellement», explique un autre expert. A l’image de la monétique qui présentait un problème similaire, le Maroc devrait arriver à l’uniformisation, bon gré mal gré.