Les entreprises badinent de moins

Après le 16 mai 2003, le secteur a enregistré un accroissement considérable
d’activité.
En France, 70% des entreprises ayant subi un gros sinistre déposent le bilan au
bout de trois ans.

Dans le rétroviseur du calendrier, le 16 Mai et – plus loin encore – le 11 Septembre semblent déjà  loin. Pourtant, les traces qu’ils ont laissées dans les esprits sont durables. Aussi bien au niveau des personnes que des organisations. Inutile de s’étonner, dès lors qu’au cours des deux dernières années les entreprises spécialisées dans la sécurité, la surveillance et le gardiennage se soient multipliées et aient, de surcroà®t, développé un business qui ferait pâlir d’envie bien d’autres secteurs. Et ce n’est pas un hasard si (une première au Maroc) un salon sur la sécurité se tient cette semaine. La vitalité des professionnels se mesure au nombre croissant des entreprises qui ont choisi de recourir à  leurs services : banques, compagnies d’assurance, groupes industriels, multinationales, grandes surfaces, voire résidences privées… Uniforme, insigne bien en vue, parfois un chien en laisse, la mise souvent impeccable, ce sont les vigiles, surveillants, rondeurs, filtreurs et autres cerbères qui font office d’agents privés de l’ordre, mandatés par leur employeur pour prendre en charge la sécurité des locaux o๠ils sont affectés. Souvent à  l’année (contrats par tacite reconduction avec le client), parfois un peu moins, facturés, selon la nature de la mission et le lieu couvert, aux alentours de 4 000 DH/mois, jeunes la plupart du temps, ils incarnent la prise de conscience par l’entreprise de cette réalité : si le terrorisme est un fléau exogène, des phénomènes endogènes sont à  considérer avec le plus grand sérieux : agressions, vols, vandalisme et autres facteurs de troubles qui n’épargnent plus l’espace privé de l’entreprise comme celui public dans la grande distribution par exemple ou dans les agences bancaires. «C’est un créneau à  part qui s’est développé au Maroc et nous allons de plus en plus vers la spécialisation par métiers», indique Karim Chaqroun, administrateur directeur général de GPS (une filiale du groupe GD Holding), spécialisée dans le gardiennage en milieu industriel et assurant actuellement la présidence de l’AMEG (Association marocaine des entreprises de gardiennage). Prévention, protection et précaution : les trois principes de base Mais le facteur humain n’est pas le seul à  être pris en compte. L’aléatoire, l’impondérable aussi sont fondamentaux. Le tragique accident survenu dans la raffinerie de la Samir, il y a près de deux ans, a rappelé aux esprits que les catastrophes industrielles provoquent un choc aussi bien dans l’entreprise qu’au sein de la population elle-même. Dès lors, la question de la sécurité s’installe durablement parmi les priorités de la plupart des entreprises industrielles qui comptent : OCP, Lydec, ONE, Somaca, Sonasid, etc. La meilleure prise de conscience des risques par l’entreprise tend à  influer sur la qualité de son organisation, sur celle de ses installations ainsi que sur les relations qu’elle entend entretenir avec sa clientèle, ses actionnaires, ses partenaires, voire avec le grand public. Au Maroc, de telles statistiques sont difficiles à  consolider, mais en France par exemple, de récentes études ont montré que 70% des PME ayant subi un sinistre majeur déposaient leur bilan dans les trois années qui suivent… La concurrence qui sévit sur les marchés suppose que l’entreprise dispose de moyens de production toujours plus performants, innovants et complexes. A l’utilisation, ces outils de production ne présentent bien évidemment jamais de risque zéro, surtout lorsqu’ils doivent être utilisés par des personnes qui ont un besoin quasiconstant d’être formées à  leur utilisation. Devant cette présence continue de risques, l’entreprise doit donc déterminer les dangers potentiels que représentent ces outils et installations et à  évaluer la gravité éventuelle de ces dangers pour les personnes, les biens et l’environnement. Le danger est une propriété propre à  un matériau, à  une situation, à  une machine, à  un outil… Le risque représente la probabilité qu’un dommage (plus ou moins grave) survienne suite à  une exposition au danger. C’est la combinaison de ces deux paramètres (probabilité et gravité) qui conditionne le niveau de risques. En d’autres termes, plus la probabilité et la gravité sont élevées, plus le risque est élevé. L’entreprise doit dès lors s’attacher à  étudier la probabilité et la gravité du risque. Comme elle est censée établir une liste des mesures à  prendre afin de réduire les risques à  leur minimum. Mesures qui tourneront toujours autour de 3 mots-clés : prévention, protection et précaution. Invariablement…