Les éleveurs veulent ramener le coût de production du poulet à  8 DH le kilo

Ils demandent la baisse des droits de douane sur les intrants des aliments composés.

Le 13 mars, le Premier ministre recevait pour la deuxième fois en l’espace d’un mois les représentants de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa). Pour cette rencontre, la primature a mobilisé le ministre de l’Agriculture, Mohand Laensar, et le ministre en charge de la Mise à niveau des entreprises, Abderrazak Mossadaq.
Si une partie de la réunion a été consacrée au libre-échange Maroc-USA, les mesures réclamées par les professionnels du secteur pour relancer leur secteur ont été au centre des discussions.
Les problèmes qui ont été soulevés ne sont pas nouveaux, mais appellent une réponse urgente, notamment à cause de la montée des cours internationaux des intrants – coûts déjà alourdis par les droits de douane. Avec cette augmentation, explique un professionnel, «même une suppression pure et simple des droits de douane nous ferait à peine revenir aux coûts antérieurs à la flambée des cours internationaux».
Sur le plan de la réglementation, la promulgation du décret d’application de la loi sanitaire (49-99), devant organiser la commercialisation et la distribution des volailles et œufs, attendue depuis deux ans, constitue une des revendications des professionnels.

Ils dénoncent les absurdités de la fiscalité locale
Ensuite, ils souhaitent une baisse de moitié immédiate des droits de douane sans attendre l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange Maroc-USA (janvier 2005).
A côté de cela, la Fisa interpelle le gouvernement sur des mesures d’accompagnement du secteur en vue de lui donner les moyens d’une compétitivité qui lui fait défaut pour baisser ses prix locaux. En effet, la suppression totale des droits de douane sur les principaux intrants de l’aliment composé (maïs, soja, orge et sorgho), combinée à une plus grande efficience technique, feraient baisser le prix de revient du poulet à 8 DH/kg. Un tel gain de compétitivité permettrait également au secteur d’aller à la conquête des marchés extérieurs.
La Fisa fait par ailleurs valoir le droit des entreprises qu’elle représente aux crédits de mise à niveau et met le doigt sur quelques absurdités relevant de la fiscalité locale qui pèsent sur la profession. «Pourquoi, s’interroge Youssef Alaoui, président de la Fisa, les éleveurs sont-ils soumis à la taxe d’édilité et à la taxe urbaine alors qu’ils sont implantés en milieu rural et ne bénéficient d’aucun service communal ?».
Pour l’heure, le gouvernement a promis de se pencher sérieusement sur les doléances de la Fisa. Une réunion avec Abderrazak Mossadaq aura lieu en avril