Les éléments exceptionnels dopent les bénéfices de la CDG : 1.9 milliard de DH

La cession de 20% de Meditelecom et une plus-value confortable sur des immobilisations ont permis de compenser la baisse des revenus provenant du CIH. Les fonds propres part du groupe bonifiés de 5 milliards de DH à  19,8 milliards. 122 filiales consolidées dont 20 ayant rejoint le périmètre en 2010.

Après un exercice 2009 en demi-teinte à cause notamment d’une rentabilité en berne, la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) affiche un net rebond en 2010. En effet, le groupe aux multiples métiers dépasse la barre du milliard de bénéfices et frôle le niveau de 2 milliards de DH au niveau du Résultat net consolidé part du groupe (RN pdg) qui s’est établi en normes IFRS, au titre de l’exercice écoulé, à 1,91 milliard de DH.
Cette performance permet à la rentabilité de ses fonds propres (RN pdg/Fonds propres pdg) de tutoyer à nouveau le niveau de 10% (9,6%) après avoir périclité à moins de 5% un an auparavant. Une performance d’autant plus appréciable que les fonds propres ont été bonifiés à hauteur de 5 milliards de DH grâce à la réévaluation opérée sur des «actifs financiers disponibles à la vente», notamment des titres de participations non consolidés (à cause d’un pourcentage de détention inférieur au seuil de 20%).
Une opération (renforcement de fonds propres) bienvenue dans un contexte où l’endettement financier (dettes bancaires + titres de créances émis) a connu un bond de plus de 5 milliards de DH pour se situer à 29,6 milliards. Il faut dire que sur les 122 filiales consolidées, dont 20 ayant fait leur entrée au périmètre de consolidation au cours de l’exercice 2010, plusieurs ont dû tirer sur la corde de l’endettement pour financer des programmes d’investissement d’envergure (Fes Shore, Renault Tanger Med, Technopolis, Casashore, Med Z…..). Ce qui requiert un renforcement du haut de bilan de la maison mère, soumise depuis quelques années à la supervision prudentielle de Bank Al-Maghrib, notamment pour ses activités bancaires et financières.
Sur ce registre, il est à rappeler que le ratio de solvabilité de la CDG s’établit sur une base consolidée à fin 2010 à 16%, soit un niveau assez confortable (contre un minimum de 10% potentiellement révisable à 12% dès 2012).

Coût du risque en détente de 36% avec la remontée des cours Club Med et TUI

Cependant, à y voir de près, l’embellie de 2010 doit également la part belle à des éléments exceptionnels. Il s’agit d’une part de l’opération de vente de 20% du capital de Méditel, dans le cadre d’une cession de contrôle graduel en faveur de France Telecom coordonnée avec l’autre actionnaire de référence du deuxième opérateur télécoms du pays, à savoir Financecom (groupe Benjelloun) et qui a ramené la participation de la CDG à 30% du capital.
Aussi, n’eût été la plus-value plantureuse de plus d’un milliard de DH générée par cette cession au prix de 3,6 milliards de DH, le PNB (Produit net bancaire), qui a pointé à 5,3 milliards de DH (en hausse 870 MDH), aurait sans doute accusé sa première baisse depuis longtemps, entraîné en cela par une chute vertigineuse de la marge sur intérêts qui a dévissé à 276 MDH contre 652 MDH en 2009.
La contre-performance du CIH (principale filiale bancaire), dont le PNB a stagné à 1,5 milliard de DH, et un marché obligataire difficile en 2010 ne sont point étrangers à cette évolution un peu mitigée du haut du CPC. D’autre part, une plus-value de 1,4 milliard de DH constatée sur des immobilisations corporelles et incorporelles (contre à peine 93 MDH en 2009) est venue transfigurer la performance entre le passage du Résultat d’exploitation qui a progressé de 62% à 1 milliard de DH vers le résultat avant impôts qui a pratiquement triplé en se hissant à 2,8 milliards de DH. Enfin, le coût du risque qui s’est détendu de 36% à 505 MDH dans le sillage d’un léger redressement du cours boursier des titres TUI et Club Med, dont le provisionnement avait impacté les deux exercices 2008 et 2009, a également contribué à la bonne performance 2010.
Aussi, la CDG, qui est devenue au fil des ans le bras financier de l’Etat, notamment dans sa politique d’aménagement territorial, voire pour venir en sauvetage à des projets d’investissement mal «digérés» par le privé, se trouve aujourd’hui confrontée à la double nécessité d’asseoir sa rentabilité sur une lame de fond structurelle (à même de générer du cash de façon organisée et pérenne) et de renforcer son assise de fonds propres face à des exigences réglementaires qui iront crescendo et un portefeuille de participations qui ne cesse de s’étoffer. A fin 2010, il a atteint en valeur comptable 34,4 milliards (+4,5 milliards de DH en un an malgré la «libération» de 1,75 milliard de DH occasionnée par l’opération susmentionnée de Méditel).