Les efforts de l’ONSSA contrariés par la difficulté à agir sur l’informel

L’office compte dix laboratoires et envisage d’ouvrir deux autres au cours de 2016. Son budget a progressé de 40% depuis la création en 2010 n Il va recruter une centaine de personnes durant l’année en cours.

C’est un phénomène difficile à être éradiqué. Importés ou fabriqués localement, les produits impropres à la consommation se retrouvent dans tous les marchés. A travers l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) créé en 2010, l’Etat s’emploie cependant à faire de son mieux pour protéger le consommateur. A-t-il déployé suffisamment de moyens à cet effet ? Lors d’une rencontre organisée par la Chambre de commerce belgo-luxembourgeoise au Maroc (CCBLM), sous le thème «Le système national de sécurité sanitaire des produits alimentaires», Abdallah Assouel, directeur régional de l’ONSSA Casablanca-Settat, a mis en exergue tout le dispositif mis en place depuis l’entrée en activité de l’office, il y a six ans.

Il a commencé par rappeler que les missions de cet établissement sous la tutelle du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime sont régies par la loi n°28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires. Cette loi confère à l’office de nombreuses prérogatives comme la détermination des conditions dans lesquelles les produits alimentaires et les aliments pour animaux doivent être élaborés, produits et commercialisés, l’indication des règles obligatoires d’information du consommateur via l’étiquetage des produits alimentaires et des aliments pour animaux et la détermination des documents d’accompagnement.

M. Assouel indique que l’office compte 8 laboratoires régionaux d’analyses et de recherches et un laboratoire de contrôle de la qualité des semences et des plants. Deux autres devraient ouvrir en 2016, à Béni-Mellal et Bouznika. A ces laboratoires s’ajoutent également quatre directions centrales, 10 directions régionales, cinq directions centrales postes frontières ainsi que les services provinciaux et leurs brigades mobiles.

Les moyens financiers ont suivi

Le directeur régional assure que «le budget a progressé de 40% depuis la création de l’office». En revanche, les ressources humaines commencent à se rétrécir. L’office emploie un effectif total de 1 921 fonctionnaires (282 ingénieurs, 307 médecins vétérinaires, 717 techniciens…) contre 2 200 en 2010.

Et pour cause, des départs à la retraite n’avaient pas été comblées. Il s’agit là d’un véritable handicap compte tenu de la progression des missions. Un léger mieux devrait être enregistré cette année. En ce début d’année, l’office est en train de recruter sur concours une centaine de personnes pour différents postes (ingénieurs, techniciens, médecins vétérinaires…).

L’office délègue également parfois des activités à des organismes accrédités, puisque la loi lui en donne la possibilité. Ainsi, il «a déjà commencé à externaliser les prélèvements auprès de laboratoires privés accrédités, de même que le mandatement de vétérinaires privés pour le contrôle des abattoirs», annonce Abdallah Assouel.

Certaines opérations sont externalisées

Sur un autre registre, il est important de noter que la loi n’implique pas l’ONSSA dans la procédure d’octroi d’autorisation d’ouverture des établissements de restauration et de points de vente de produits alimentaires. Autrement dit, l’office ne peut donc pas exiger des conditions et des normes pour l’ouverture et l’exploitation de tels établissements. Il ne peut pas non plus intervenir sur les points de vente relevant du secteur informel.

Cette mission est dévolue aux autorités locales, souligne le directeur régional. Les équipes de l’ONSSA participent à ces missions de contrôle dans le cadre d’une commission mixte et à la demande des autorités locales.