Les droits des enfants restent insuffisamment respectés

Un trop grand nombre d’entre eux continue à être exposé aux violences, y compris dans les formes extrêmes. 86 000 enfants travaillent et 55% des élèves n’achèvent pas l’enseignement obligatoire.

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a tenu, le 31 mars à Rabat, la 60e session ordinaire de son assemblée générale au cours de laquelle a été présenté le projet de rapport sur les droits de l’enfant intitulé : «L’effectivité des droits de l’enfant, condition de développement du Maroc et responsabilité de tous». Selon Zahra Zaoui, présidente de la Commission des affaires sociales et de la solidarité du conseil qui a produit ce rapport, «le Maroc a fait le choix d’une politique intégrée dans le domaine des droits de l’enfant et se doit de respecter ses engagements internationaux en la matière». Le constat est qu’un trop grand nombre d’enfants est encore exposé aux violences, y compris dans des formes extrêmes, telles que la vente d’enfants (3 cas jugés en 2013) et l’exploitation dans la mendicité ou à des fins de prostitution. Le travail n’est pas en reste. D’après l’enquête sur l’emploi menée par le HCP en 2013, 86 000 enfants âgés de 7 à 15 ans, dont des milliers de «petites bonnes», travaillent. Le CESE relève en outre que 11,47% (soit 43 508) des mariages conclus en 2013 concernent des filles mineures. Plus grave, les abus sexuels sont tus.

L’éducation, une problématique majeure

Par ailleurs, le modèle éducatif est encore largement basé sur le respect de l’autorité des aînés. Pour leur part, les enfants en situation de handicap font l’objet de diverses discriminations, sont souvent sujet de discorde familiale et sont majoritairement exclus du système éducatif. L’éducation reste également une préoccupation majeure. Bien que le taux de scolarisation au primaire ait atteint 98%, cette massification s’est faite au détriment de la qualité. En effet, les enquêtes internationales révèlent que les élèves marocains (de moins de dix ans) sont en dessous de la moyenne mondiale en lecture et en mathématiques. De plus, 54,8% ne terminent pas l’enseignement obligatoire. D’une manière générale, les politiques publiques concernant l’enfance ne font pas l’objet d’un suivi-évaluation indépendant. Néanmoins, la création future du Conseil consultatif de la famille et de l’enfance (CCFE) et du Conseil de la jeunesse et de l’action associative pourrait pallier à ce manque. Le CESE suggère dans la même veine plusieurs dispositions. Il cite, entre autres, l’inscription de la protection des enfants et de leurs droits dans une loi-cadre, l’obligation pour les établissements scolaires de bannir toutes les formes de violence à l’égard des enfants ; l’abrogation des articles du Code de la famille relatifs aux mariages des mineurs et de l’article 490 du Code pénal relatif aux relations sexuelles hors mariage. Il y a urgence, car la population âgée de moins de 18 ans représente plus du tiers de la population totale et que la moitié est constituée de fillesn.