Les droits de douane sur le blé tendre ramenés à  30 %

C’est la deuxième baisse en moins d’un mois n Malgré cela, le blé reste trop cher en raison de
la flambée des cours à l’international.

Les droits de douane sur le blé tendre vont encore baisser. Déjà, pour assurer l’approvisionnement du marché en céréales, le gouvernement avait procédé, à la mi-juin, à une baisse des droits de douane, mais compte tenu des niveaux des prix toujours trop élevés, ce geste demeure insuffisant. En ramenant les droits de douane sur le blé tendre de 60 à 40% (et de 95 à 55% pour le blé dur), le prix de revient du quintal débarqué à Casablanca dépasse les 290 DH, alors que le prix cible ne devrait pas dépasser 260 DH/q. C’est pourquoi, et vu la faiblesse de la récolte nationale (20,5 millions de quintaux), les pouvoirs publics étaient en train de valider, à l’heure où nous mettions sous presse, une autre baisse pour arriver à des droits de 30 %.

Le problème n’en sera pas résolu pour autant. En effet, le quintal reviendra, valeur aujourd’hui, à 280-285 DH. Même les importations à tarifs préférentiels, dans le cadre des accords avec l’Union européenne et les Etats-Unis, peuvent s’avérer onéreuses. Selon les estimations de l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses (Onicl), le prix de revient d’un quintal de blé tendre français rendu Casablanca était de 262 DH au 13 juin, hors prime compensatoire, c’est-à-dire hors la part récupérée par l’Etat sur la réduction tarifaire. Le prix de revient du blé américain, quant à lui, oscille entre 274 et 300 DH/q.

Les professionnels de la minoterie, eux, souhaitent que la baisse des droits de douane soit encore plus importante. «La récolte étant au plus bas niveau, y a-t-il encore quelque chose à protéger ?», s’interroge un opérateur. Une chose est sûre, les besoins manquants étant maintenant connus (60 millions de qx – cf La Vié éco du 8 juin), il faudra bien recourir aux importations. Et, d’ailleurs, tout un programme d’appels d’offres est déjà mis en place.

Ainsi, deux appels d’offres seront lancés les 18 et 19 juillet prochain pour l’importation de blé dans le cadre des accords avec l’UE et les Etats-Unis. Le premier portera sur 250 000 tonnes de blé tendre et 90 000 tonnes de blé dur d’origine américaine. Celui du 19 juillet concerne l’importation de 250 000 tonnes de blé tendre en provenance de l’ UE.
D’autres appels d’offres, hors contingent, ont déjà été lancés. Il s’agit notamment de celui du jeudi 21 juin pour 300 000 t de blé tendre destiné à la fabrication de la farine nationale de blé tendre (FNBT). Un autre appel d’offres selon les mêmes règles concerne l’approvisionnement du marché en orge subventionnée, pour une quantité de 150 000 t destinée à la sauvegarde du cheptel.