Les dossiers chauds qui attendent le nouveau maire de Casablanca

Les principaux dossiers concernent le transport public, l’harmonisation des périmètres de distribution d’électricité et d’eau et du service d’assainissement, le recouvrement des recettes de la ville et le démarrage effectif des activités des SDL.

La cérémonie de passation de pouvoir entre le maire sortant de Casablanca, Mohamed Sajid, et le nouveau maire, Abdelaziz El Omari, a eu lieu lundi 21 septembre. Ce changement donne une lueur d’espoir à certains managers de la ville, qui comptent sur ce nouveau bureau pour résoudre les problèmes les plus pressants de la capitale économique. A ce propos, il est important de rappeler que, durant ses deux mandats (2003 à 2015), Mohamed Sajid a réussi à régler de nombreux dossiers épineux tel que la propreté. Toutefois, il y en a d’autres qui attendent le nouveau bureau exécutif du Conseil de la ville.

Transport public : les Casablancais veulent des bus de qualité

Le principal dossier sur lequel devraient se pencher les équipes de M. El Omari durant les mois à venir est celui du transport public. Premier point à régler, le conflit avec M’dina Bus sur la non-réalisation des investissements prévus (achat de 200 nouveaux bus). Le transporteur réclame à la Commune urbaine de Casablanca (CUC) 2 milliards de DH au titre le la subvention (www.lavieeco.com).

Toujours sur le volet transport public, le nouveau bureau est également appelé à investir dans l’aménagement de couloirs réservés aux bus de manière à fluidifier le trafic comme mentionné dans le contrat de gestion déléguée. Enfin, il devrait trancher au sujet de l’interopérabilité entre le tramway et les bus. Ce dossier traîne depuis 2014, alors que les deux opérateurs (M’dina Bus et Casa Transport) sont prêts sur le volet technique. En somme, «le Conseil de la ville devrait fixer les tarifs et les modalités de partage des recettes», explique notre source.

Distribution d’eau et d’électricité : l’harmonisation bloquée

Le projet d’harmonisation des périmètres de distribution d’électricité et d’eau et du service d’assainissement dans la région du Grand Casablanca est un autre dossier chaud. En principe, il devait être réglé depuis mars 2015, mais tout est bloqué du fait que l’ONEE estime que les méthodes d’évaluation servent principalement les intérêts de Lydec. Ce faisant, l’office a recruté un cabinet pour évaluer son patrimoine et comparer les résultats avec l’évaluation de la Commission technique d’expertise (CTE). En attendant les résultats de l’étude, «l’ONEE envisage de reprendre les pourparlers avec le Conseil de la ville autour des conditions de la cession des territoires dont il a la charge», confirme une source proche du dossier.

Recouvrement des créances : 3,9 milliards de DH à mobiliser

Le nouveau maire trouvera également sur son bureau le dossier du recouvrement des créances de la ville. Rappelons qu’à fin 2014, les recettes restant à recouvrer avaient atteint un niveau record de 3,7 milliards de DH. A cela s’ajoute «un montant supplémentaire de 180 MDH relatif aux 7 premiers mois de l’année 2015», confie un responsable du service fiscal au sein de la CUC.

Pour récupérer son dû, la commune devait lancer une étude pour recenser les créances irrécouvrables et estimer la valeur réelle des recettes fiscales à récupérer. Ce projet sera certainement réactivé par le nouveau bureau.

Les Sociétés de développement local à activer

Le bureau sortant devait également résoudre d’autres dossiers tels que la gestion du marché de gros de fruits et légumes, des abattoirs, la gestion de stationnement, la revalorisation du patrimoine de la ville… Pour ce faire, il a créé des Sociétés de développement local (SDL) et leur a confié la gestion de ces affaires. Le démarrage effectif de la plupart de ces SDL n’a pas encore eu lieu. C’est le cas de Casa Développement, chargée de la gestion du stationnement dans la ville blanche, qui n’a pas encore déployé son plan de développement. Cette société exploite uniquement la zone à horodateurs de Roches noires ainsi que 8 parkings sur les 62 appartenant à la ville. «Soit moins de10% du potentiel de la métropole en matière de stationnement», explique une source proche de l’entreprise. Et d’ajouter que «le démarrage effectif de la SDL reste tributaire de la volonté politique du Conseil de la ville».

Même son de cloche du côté de Casa Prestation. Cette SDL chargée, entre autres, de la gestion des abattoirs, du marché de gros et du marché de volaille attend toujours le feu vert du Conseil de la ville en vue de mandater un cabinet pour la réalisation d’une étude qui permettra d’évaluer l’état actuel de ces établissements, le programme d’investissement à mettre en place et le modèle de gestion à adopter. Le financement de cette étude devrait être pris en charge par le Conseil de la ville. Cependant, «les résultats de l’étude n’auront aucun effet si les investissements ne sont pas réalisés dans les délais fixés par la convention», confirme un responsable au sein de la SDL.