Les dix nouvelles radios privées émettront au cours des cinq prochains mois

Certaines n’ont pas pu respecter les délais impartis.
Hit Music en avance sur le calendrier, les tests ont déjà  commencé.
Radio MFM Souss, Saïss et Atlas démarrent le 17 novembre.

La fin de l’année 2006 sera assez agitée pour le monde des médias, particulièrement la radio. En principe, les 10 stations autorisées à  émettre par la Haca (Haute autorité de la communication audiovisuelle) devront progressivement investir le paysage radiophonique dans les cinq prochains mois.

Ce qui est certain, c’est que toutes ne seront pas capables de tenir les délais impartis. Deux stations, pour des raisons multiples, se trouvent déjà  dans cette situation. C’est le cas de Radio Plus (Agadir), qui aurait dû émettre dès le premier août, et de Chada FM, lancée par Rachid Hayagh, déjà  en retard de trois semaines par rapport au calendrier. Le promoteur de cette dernière, qui se veut rassurant, dit être capable de rattraper le retard et de lancer les premiers tests sur Casablanca dès le début septembre, avant de s’attaquer en janvier prochain aux villes d’El Jadida, Mohammédia, Settat, Azemmour, Benslimane, Ben Ahmed, Sidi Bennour et Khmis Zemamra. De son côté, Abderrahmane El Adaoui, fondateur de Radio Plus qui couvrira la ville d’Agadir, affirme que sa station émettra au plus tard juste après le mois de Ramadan. Cet ancien présentateur de la TVM, parti s’installer aux Etats-Unis comme correspondant de chaà®nes du Moyen-Orient avant de lancer, à  Dubaà¯, une maison de production, mène parallèlement un deuxième projet avec la station Radio Atlas FM, attendue pour la fin de l’année. Au total, 8 MDH ont déjà  été injectés dans les deux projets et une vingtaine de journalistes, techniciens et animateurs ont été recrutés pour chacune des deux stations.

Quant à  Radio Hit Music, en bon élève, elle a devancé de deux semaines les délais et émet, en phase d’essais, depuis le 15 août sur Rabat et depuis le 20 juillet sur Marrakech, profitant ainsi de la période estivale. Younès Boumehdi, son fondateur, indique que le cÅ“ur de cible de Radio Hit Music, dont l’investissement totalise, selon celui-ci, 14 MDH, est constitué de jeunes de 15 à  24 ans, toutes catégories socioprofessionnelles (CSP) confondues.

Presque toutes les radios ont sollicité une assistance technique étrangère
Outre ces trois stations, sept autres devront démarrer leurs activités dans les semaines à  venir. Sur la liste, on retrouve les Radios MFM Saà¯ss, Souss et Atlas, toutes trois menées par Kamal Lahlou, président du groupe New Publicity, qui compte les déployer sur le même modèle que Casa FM dont il assure la régie publicitaire et la programmation. Les trois stations, qui ont nécessité un investissement global de 10 MDH, devront commencer à  émettre avant le 17 novembre prochain. «Nous sommes actuellement en phase de recrutement et de formation des ressources humaines. En moyenne, nous allons tourner avec 10 personnes par station. Les locaux sont déjà  loués et les équipements en phase d’installation», déclare M. Lahlou.

Les deux dernières radio autorisées par la Haca sont Radio Bizz FM, menée par Thami Ghorfi et celle du groupe Eco Médias, éditeur des quotidiens L’Economiste et Assabah. Les deux opérateurs ont choisi d’investir un créneau nouveau puisque les deux stations seront totalement dédiées au monde de l’économie. Bizz FM bénéficiera toutefois d’une couverture géographique plus large allant de Tanger à  Agadir, contrairement à  sa concurrente dont les promoteurs ont limité la couverture à  la zone allant d’El Jadida à  Khémisset. «Le top management est déjà  recruté et nous nous attelons maintenant au recrutement des équipes techniques et rédactionnelles», confie M. Ghorfi.

De son côté, Eco Médias n’a pas encore définitivement arrêté le nom de sa radio, dont le choix a été confié à  une agence spécialisée. Younès Yamouni, directeur de développement du groupe, confie à  La Vie éco que la radio, interactive, émettra 24 h/24. «Nous avons construit un modèle qui allie information continue, animation et talk-shows. Notre cible est constituée des classes A et B, des personnes âgées de plus de 35 ans». La radio tournera avec une équipe de 27 personnes dont 20 journalistes, 5 techniciens et un ingénieur.

Pour garantir un bon départ, la plupart des opérateurs se sont assuré le concours de partenaires étrangers. C’est le cas par exemple d’Eco Médias qui a fait appel aux services de PHF Com, société française qui l’accompagnera pour le volet technique, en plus de RFI pour le recrutement et la formation du personnel. Chada FM a de son côté fait appel à  VDL, partenaire français, pour la diffusion, un aspect qui préoccupe l’ensemble des promoteurs. Comme l’explique Younès Yamouni, «l’installation en propre d’émetteurs revient relativement cher. Nous comptons sur la co-exploitation des stations et émetteurs de la SNRT mais craignons que les capacités de cette dernière ne soient insuffisantes pour satisfaire l’ensemble des demandes». En attendant les réponses de la SNRT, trois opérateurs, pour unir leurs forces, ont décidé de lancer l’Association marocaine des opérateurs de radios et de télés privés, qui regroupe, en plus de Hit Music, Chada FM et la radio d’Eco Médias.

Recettes
Quid de la pub ?
Lapub, c’est LA préoccupation des nouveaux opérateurs, qui évaluent le marché publicitaire radiophonique à  quelque 140 MDH, un marché dominé essentiellement par Médi 1, suivie mais de loin par Casa FM, dont le chiffre d’affaires annuel tourne autour de 6 MDH, selon Kamal Lahlou, dont la société, New Publicity, assure la régie publicitaire depuis 1987.
Certains opérateurs estiment que ce marché est appelé à  croà®tre de 15 % par an, alors que d’autres jugent nécessaire de réveiller les besoins de communication chez de nouveaux annonceurs, particulièrement au niveau des régions. Il faut s’attendre à  beaucoup d’agressivité les premiers mois, certains promoteurs ne cachant pas leur intention de casser les prix pour gagner des parts de march.