Les difficultés budgétaires retardent la préparation de la Loi de finances 2012

Le gouvernement veut d’abord gérer les contraintes qui pèsent sur l’actuel exercice avant de s’attaquer à  la préparation de la Loi de finances 2012. L’explosion des dépenses et la détérioration des finances extérieures pourraient amener à  envisager une sortie sur les marchés internationaux.

Cette année, la préparation de la Loi de finances pour l’exercice 2012 a pris un peu de retard par rapport au calendrier habituel. La lettre de cadrage que produit chaque année le Premier ministre et où il fixe les grandes orientations du prochain Budget, n’est pas encore confectionnée, en tout cas pas encore adressée aux membres du gouvernement.
Selon une source proche de la Primature, ce retard s’explique d’abord par le calendrier chargé de ce début d’été et où la révision de la Constitution, confirmée par le référendum du 1er juillet, a pris une place importante. Ensuite, et surtout, les difficultés budgétaires de l’actuel exercice sont telles qu’il fallait d’abord trouver un moyen de les régler, à tout le moins de les gérer, avant de s’attaquer à la préparation de la prochaine Loi de finances.
Cela tombe en effet sous le sens : comment établir les hypothèses de travail pour le Budget 2012, alors même que pratiquement l’ensemble des scénarios de départ sur lesquels a été bâtie l’actuelle Loi de finances sont chaque jour remis en question ! Et le plus important de ces scénarios concerne évidemment le déficit budgétaire. Précisément, cette année, les dépenses ordinaires connaissent une telle explosion que les interrogations sur le niveau du déficit réapparaissent de nouveau.

15,7 milliards de déficit du compte courant au 1er trimestre

Ces dépenses, comme chacun sait, sont d’abord celles de compensation : les matières premières, énergétiques notamment, ont atteint des niveaux de hausse tels que l’enveloppe dédiée au soutien des prix (23 milliards de DH) est aujourd’hui épuisée. A cela sont venues s’ajouter les retombées financières du dialogue social : 5 milliards de DH supplémentaires au titre des revalorisations rien que pour cette année. Du coup, la question se pose : comment financer les dépenses, de compensation notamment, pour la seconde moitié de l’année ?
Le Trésor peut bien sûr s’adresser au marché intérieur et il le fait déjà. Mais le déficit des échanges extérieurs de biens et services (- 48,9 milliards de DH à fin mai) et, au delà, celui du compte courant (- 15,7 milliards au premier trimestre, selon le ministère des finances) sont tels que l’endettement extérieur n’est désormais pas à exclure. Moyennant quoi, il importe d’abord de mettre de l’ordre dans les finances publiques comme dans les finances extérieures, avant de s’attaquer au processus d’élaboration de Loi de finances 2012. Car, ne l’oublions pas, les fondements de celle-ci, ce sont en quelque sorte les résultats de l’actuelle…