Les deux hôtels de la station de Saïdia font le plein

Be Live et Iberostar ont démarré leur saison avec des taux de remplissage très satisfaisants.
L’importante demande pour le mois d’août provoque une forte hausse des prix appliqués aux particuliers. 80% du chiffre d’affaires est réalisé avec les tour-opérateurs.

A voir le bon début de saison que connaissent les hôteliers de Saïdia cette année, l’on se dit que cela pourrait bien donner des idées à d’éventuels gestionnaires pour rouvrir l’Oriental Bay Beach, anciennement Barceló, fermé depuis la saison dernière. En effet, sur place, les responsables du Be Live Grand Saïdia et de l’Iberostar Saïdia, les uniques hôtels de la station, s’avouent très satisfaits. «Nous avons réalisé le meilleur démarrage depuis que l’hôtel a ouvert en 2009», confie Alain Chiroux, directeur du Be Live Grand Saïdia. Son établissement, qui a repris l’activité début avril, soit plus tôt que les années précédentes, a notamment profité d’une opération exclusive «Festival Saïdia» organisée avec un tour-opérateur espagnol. Près de 650 jeunes ont ainsi été logés au Be Live pendant deux semaines. Entre les vacances marocaines et les Pâques européennes, l’établissement a affiché presque complet pour le mois d’avril. Et de fin avril à fin mai, sachant que le Be Live était alors le seul établissement ouvert, le taux d’occupation a été d’environ 45%. Pour ce mois de juin, il avoisine les 80%. Fort de ce succès, Alain Chiroux espère même pouvoir ouvrir beaucoup plus tôt la saison prochaine, soit par exemple à partir de fin mars. «Cela dépendra notamment de la réédition de notre opération ‘‘Festival Saïdia’’ avec notre partenaire espagnol. Mais celui-ci semble d’ores et déjà très intéressé», explique-t-il.

L’Iberostar Saïdia, ouvert depuis le 29 mai, connaît lui aussi un très bon démarrage. «Nous affichons presque complet les week-ends, et la semaine nous connaissons des taux d’occupation de 30 à 40%, voire 60%», confie le directeur de l’hôtel.
Pour les deux mois à venir, et bien que Ramadan s’étalera sur tout le mois de juillet, la tendance sera tout aussi positive. «Même si l’on ne compte que sur les tour-opérateurs pour le mois de juillet avec probablement 98% de nos réservations, nous devrions enregistrer un taux d’occupation de près de 90%. Pour le mois d’août, nous nous rapprocherons d’un taux d’occupation de 100%», poursuit M. Chiroux. Son voisin fait le même constat : «Nous allons remplir l’établissement pendant Ramadan, et ce, grâce aux groupes des tour-opérateurs. En août, nous affichons déjà 80-85% de taux d’occupation», confirme le directeur.

L’animation fait toujours défaut

Face à cette forte demande, les risques de surbooking, en particulier lorsque les établissements sont connectés à des centrales de réservation qui n’enregistrent l’arrêt des ventes qu’au minimum dans les 24h qui suivent l’annonce de l’hôtel, existent. Cette année, et contrairement à la saison précédente, ils semblent pour l’instant avoir été maîtrisés.

Sans surprise, l’augmentation des intentions de réservation pour le mois d’août entraînera une hausse des prix des nuitées. Si depuis l’ouverture des deux hôtels, la chambre double affichait entre 639 DH et 1 000 DH la nuit, son prix sera multiplié par trois en août pour les deux établissements. Autant dire qu’en profitant de cette forte demande locale et donc de la vente au prix fort de la nuitée, les hôteliers auraient en principe tout à gagner si quelques groupes de tour-opérateurs, qui paient un prix négocié, annulaient leur voyage !
Toujours est-il que le tour-operating pèse pour plus de la moitié de l’activité de la station, qu’il s’agisse de l’Iberostar ou du Be Live. Chez le premier, qui travaille avec une poignée d’agences, les groupes représentent près de 80% du chiffre d’affaires. Avec près de 40% de la clientèle, les touristes portugais dominent à l’Iberostar, suivis des Tchèques, sans oublier les Marocains, parfois fidèles à la station, résidant à Oujda, Nador, Melilia, en Belgique ou en France. Au Be Live, ce sont également les voyageurs portugais, espagnols, polonais, tchèques et, dans une moindre mesure, français et belges qui prédominent.

«Nous serons les deux seuls hôteliers de la station et nous allons remplir les chambres», s’enthousiasme le directeur de l’Iberostar. C’est dire si le besoin en hébergement est pressant. «Les tour-opérateurs européens sont très intéressés par la station de Saïdia et ils le seraient encore davantage si elle offrait plus d’hébergement», constate M. Chiroux. L’animation aussi continue de faire défaut. «La station manque cruellement d’activités sportives et culturelles pour la faire vivre en dehors des hôtels. Nous avons signé un contrat-programme régional qui doit être mis en œuvre après cette saison. Nous espérons avoir des résultats», confie Youssef Zaki, président du CPT de Berkane qui s’insurge aussi que les professionnels ne soient pas impliqués dans les plans de la CDG, à travers sa filiale SDS.