Les désinvestissements espagnols continuent : SOS Corporacion Alimentaria quitte le Maroc

Il a cédé les parts majoritaires qu’il détenait dans Les Huileries d’Agafay (LHA) et Agafay Trade.
La cause : la nécessité de restructurer une dette dépassant le milliard d’euros.
Depuis un an, au moins 5 groupes ibériques de taille importante ont quitté le Maroc.

Près de trois ans après son déclenchement, la crise financière internationale qui a touché de plein fouet de larges pans économiques de notre voisin ibérique -qui avait même occupé, il y a quelques années, le rang de premier investisseur étranger direct au Maroc- n’en finit pas d’avoir des retombées négatives sur l’économie marocaine. En effet, outre la baisse de la commande espagnole et du transfert des Marocains résidant dans la péninsule ibérique, les 14 derniers mois ont surtout été marqués par un mouvement de désengagement total ou partiel de bon nombre de sociétés espagnoles (voir encadré ci-dessous).
Ces désinvestissements sont souvent le fruit de stratégies de repli sur le marché ibérique et/ou latino-américain et qui sont parfois dictées par des programmes de cession d’actifs tous azimuts pour éviter la liquidation pure et simple notamment quand les difficultés ont atteint un stade avancé tel celui de Bruesa Construcciones.

Une présence au Maroc depuis fin 2006 et des grandes ambitions parties en fumée

Le dernier en date de ces désengagements est celui du groupe SOS Corporacion Alimentaria qui n’a pas fait long feu au Maroc où il ne s’est installé qu’en fin 2006, dans la foulée de l’euphorie économique internationale, en annonçant des investissements importants qui n’ont jamais vu le jour. Ce groupe, qui fait partie des leaders mondiaux de l’huile d’olive, connu pour ses marques Carbonell et Koipe, a ainsi cédé le contrôle à d’autres investisseurs espagnols, personnes physiques des sociétés Les Huileries d’Agafay (LHA) et Agafay Trade. L’opération s’est matérialisée par la cession de 76 500 actions de l’unité de fabrication (LHA) et 510 actions de la société de commercialisation (soit 51% de ces deux sociétés basées à la Commune d’Agafay à 20 km de Marrakech).
Avec cette transaction, Michel Cortes et Geraldo Vasquez Garcia hissent leur participation cumulée de 29 à 80% du capital, le reste étant resté entre les mains des minoritaires marocains. Ils deviennent ainsi les nouveaux maîtres des lieux d’une unité moderne de traitement et de trituration d’huile d’olive haut de gamme qui dispose d’un moulin sophistiqué installé et monté par un autre espagnol, GN ingeneria y instalaciones.
A noter que SOS Corporacion Alimentaria s’est également désengagé de la Tunisie, notre voisin maghrébin, en cédant Bernabé Biosca Tunisie au groupe local Cogehuile. Ces désengagements participent d’un programme de réduction de voilure à l’international destiné à générer du cash frais nécessaire à son objectif prioritaire de désendettement. Car avec une dette de plus d’un milliard d’euros (plus de 11 milliards de DH), largement disproportionnée par rapport à un chiffre d’affaires en perte de vitesse qui s’est établi à 430 millions d’euros (près de 4,8 milliards de DH) en 2009 contre 591 MDH en 2008 (-27%) et des pertes récurrentes au cours des derniers exercices, les investisseurs ont lourdement sanctionné la capitalisation boursière du groupe coté à la Bourse de Madrid. 
Rappelons que lors de son implantation au Maroc en 2006, SOS Corporacion Alimentaria (anciennement dénommé SOS Cuetara) avait annoncé un investissement de 30 millions d’euros (près de 330 MDH) pour la construction d’une usine de biscuiterie d’une capacité de 25 000 tonnes par an et qui devait produire, entre autres produits, la célèbre marque du groupe, Maria, bien connue dans nos provinces du nord. Ce projet n’a malheureusement jamais vu le jour. Dans le domaine de l’électronique et de la mécanique industrielle, par exemple, des entreprises ibériques comme Cartronic et Mecanova ont récemment choisi le Maroc comme champ d’expansion à l’international.
Il reste que ces investissements sont de dimension relativement moyenne par rapport aux désengagements observés.