Les départs massifs à  la retraite accentuent les difficultés de la CMR

Le nombre des départs à  la retraite des fonctionnaires civils est estimé à  près de 104 000 entre 2013 et 2018. Après le déficit technique en 2014, le solde global de la CMR serait négatif dès cette année 2015.

Dans la fonction publique (personnel civil), 52% des effectifs ont un âge supérieur à 45 ans. La part des jeunes de moins de 25 ans est de 1,5% et celle des moins de 35 ans de 24%. Il en résulte que depuis 2012, le nombre des départs à la retraite augmente de façon considérable. Selon le ministère des finances, la moyenne annuelle des départs à la retraite était de 5 432 entre 2007 et 2011. L’année suivante, le flux des départs est brusquement monté à 11 026. Et selon les projections du même département, ce sont 103 844 fonctionnaires qui devraient partir à la retraite entre 2013 et 2018, soit une moyenne annuelle de 17307 départs. Pour l’année en cours, 16000 personnes iraient gonfler la population des retraités si la réforme projetée de la CMR n’est pas ficelée.

L’administration s’allégerait ainsi d’une charge considérable, en termes de masse salariale bien sûr, mais tout le monde n’y trouverait pas son compte. Pour la CMR, au contraire, c’est un lourd fardeau qu’elle aurait à supporter, en particulier dans les conditions qui sont les siennes actuellement. C’est, entre autres, la raison pour laquelle d’ailleurs les responsables de cette caisse, lorsqu’on les interroge sur le déficit technique prévisible pour 2015, n’avancent pas un chiffre mais une fourchette : entre 2 et 3 milliards de DH. 

Le déséquilibre entre les cotisations et les prestations va encore s’aggraver

En 2014, pour mémoire, ce déficit technique approchait déjà le milliard de dirhams (936 millions de DH, plus exactement).

Ceci pour dire que les difficultés de la CMR, liées au déséquilibre entre les cotisations et les prestations va encore s’aggraver par ce flux massif des départs à la retraite. En 2013 déjà, les prestations du régime civil s’élevaient à 14,75 milliards de DH pour des cotisations de 15,6 milliards. Le fonds de réserve du même régime civil se montait à 78,7 milliards de DH. Ces réserves suffiraient à couvrir moins de six années de prestations. Dans son dernier rapport sur la stabilité financière, Bank Al-Maghrib, sur la base des Bilans actuariels de 2014 du régime civil de la CMR, avance que le premier déficit global, et pas seulement technique, de cette caisse est prévu pour cette année 2015.

Est-ce pour cette raison que le chef du gouvernement paraît décidé à finaliser cette réforme au courant de la deuxième moitié de l’année ? Ce qui est sûr, c’est que le jour où les réserves de la CMR seront épuisées, dans l’hypothèse où la réforme n’a pas lieu, l’Etat sera quand même tenu, moralement, d’assurer les pensions des retraités, même s’il doit s’endetter pour cela. Et il ne pourra pas faire autrement que de s’endetter.