Les cultures d’exportation sont globalement sauvées

Agrumes et primeurs enregistrent des hausses de leurs exportations respectives de 15% et 35%.

Pour l’agriculture tournée vers l’export, la campagne semble sauvée. Les performances sont généralement meilleures que celles enregistrées en 2004. A l’ASPAM, le bilan dressé au 8 mai 2005 indique que les exportations ont totalisé 445 000 tonnes, contre 390 000 durant la campagne précédente, soit 15 % de plus. «Cette croissance n’est toutefois pas significative car le secteur a été fortement touché par les vagues successives de froid, de grêle et de chaleur. Nous avons enregistré de graves dégâts dans les régions de Tadla, Beni Mellal et, dans une moindre mesure, dans le Haouz, le Gharb et le Souss. Cette crise n’apparaà®t pas au niveau des statistiques car nous espérions dépasser le tonnage réalisé. L’objectif était d’atteindre 490 000 tonnes toutes variétés confondues», souligne Ahmed Derrab, secrétaire général de l’ASPAM.
Les variétés les plus touchées sont l’orange tardive (Maroc late) et celles dites de demi-saison (sanguines et salustiana). «Le déficit pluviométrique et la forte chaleur ont causé un retard dans l’évolution des calibres et une perte en poids des fruits», explique M. Derrab.
Pour les primeurs (légumes et autres fruits), dont la majeure partie est irriguée, la campagne a été largement sauvée, comme en témoignent les statistiques.
440 000 tonnes de légumes ont été exportées contre 425 000 lors de la dernière campagne. Reste que des craintes sont formulées pour la prochaine récolte : la chaleur et le froid pourraient avoir eu des effets négatifs sur la floraison et le manque d’eau menace (baisse du niveau des barrages et nappes phréatiques).
Du côté de l’APEFEL (Association des producteurs et exportateurs de fruits et légumes), Mohamed Zahidi, le secrétaire général, note que «la campagne a été relativement correcte pour les primeurs». Les opérateurs se disent même capables de dépasser le contingent fixé au Maroc (220 000 tonnes). «A cause du froid, les Espagnols ont été limités en production, notamment pour la tomate et la courgette».