Les crédits de trésorerie montent à  15% du chiffre d’affaires des entreprises

Leur poids a presque doublé en 5 ans. En cause, des délais de paiement de plus en plus longs, qui vont jusqu’à  235 jours en moyenne pour les TPE. Les crédits d’investissement représentent 23% des capitaux permanent des entreprises.

Allongement des délais de paiement, emballement du besoin en fonds de roulement, fort appétit pour l’endettement… Sur les derniers mois, ces mots reviennent fréquemment pour qualifier la situation financière des entreprises. Il manquait néanmoins des indicateurs pour approcher cette situation de manière chiffrée. Bank Al-Maghrib s’y attelle dans la première édition de son nouveau rapport sur la stabilité financière. L’institution a suivi de près sur une période de 5 ans la situation financière d’environ 1268 entités de tailles et secteurs divers cumulant un chiffre d’affaires de 245 milliards de DH et une dette financière de près de 77 milliards de DH, autant dire un échantillon assez représentatif du tissu national d’entreprises. L’enquête de BAM confirme d’abord un accroissement du poids des concours de trésorerie. Rapportés au chiffre d’affaires, ils passent de 8% en 2009 à 15% en 2013. La montée est la plus spectaculaire parmi les entreprises de promotion immobilière dont les financements à court terme sont montés de 40% à 66%. Cet emballement ne doit pas étonner vu le marasme du marché immobilier qui a mis la trésorerie des promoteurs immobiliers à rude épreuve. Parallèlement, l’endettement à long terme connaît une progression plus modeste à cause d’une conjoncture peu propice à l’investissement. Le poids de ces financements dans les capitaux permanents est passé de 20% en 2011 à tout juste 23% actuellement. C’est sans surprise parmi les PME que l’on observe le ralentissement le plus notable des crédits d’investissement. Les dettes à long terme ne pèsent plus que 16% des capitaux de ces entités, un ratio qui a fondu de 8 points en 5 ans. Les grandes entreprises se cramponnent en revanche avec un taux d’endettement moyen qui monte à 24% contre 20% en 2011.

Le BFR a augmenté de 18% en moyenne contre 14% pour le fonds de roulement

Bien entendu, si les entreprises ont un goût prononcé pour les financements à court terme dans la conjoncture actuelle, c’est pour faire face à la dégradation de leur équilibre bilanciel qui ressort bien à travers l’enquête de BAM. En effet, le fonds de roulement des entreprises analysées, bien qu’en croissance moyenne de 14% au cours des 5 années étudiées, n’a pas permis de couvrir le besoin en fonds de roulement qui s’est accru de 18% au cours de la même période. Cette dégradation s’explique essentiellement par l’accroissement des créances accordées par les entreprises de l’échantillon à leurs clients. Sur ce dernier plan, notons une nette recrudescence des délais de paiement parmi toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Ainsi, les grandes entreprises accordent, en moyenne, 66 jours de délais de paiement à leurs clients contre près de 50 jours il y a 5 ans. Les PME montent à 156 jours contre moins de 130 auparavant, et les TPE crèvent le plafond à 235 jours comparativement à 190 jours auparavant.