Les crédits aux entreprises privées en baisse de 5% sur le premier trimestre !

Les crédits de trésorerie ont reculé de 7.7%, ceux à  l’équipement de 2.3%. Avec moins de 15% de crédits, le commerce est le plus touché, suivi par le transport et télécoms et les industries manufacturières.

Il y a de moins en moins d’argent dans le système bancaire. En plus de la baisse des réserves de change qui se poursuit depuis des années en raison d’un solde extérieur structurellement déficitaire, les crédits à l’économie accentuent leur recul, au grand dam des entreprises privées en premier lieu. D’après les statistiques monétaires du premier trimestre, l’encours des crédits bancaires à fin mars 2013 atteint 699 milliards de DH, marquant une régression de 2,7% par rapport à la fin de l’année. Cette baisse a surtout touché les entreprises du secteur privé dont les crédits ont perdu 5,2% de leur niveau de fin d’année, à 330 milliards de DH. Pour leur part, les ménages ont vu leurs crédits progresser timidement de 1,3%, à 244 milliards de DH grâce notamment à la hausse du crédit à l’habitat de 2%, à 153 milliards de DH et une quasi-stagnation des crédits à la consommation dont l’encours s’est figé à 39 milliards de DH.

Pour les entreprises, les crédits de trésorerie ont dévissé de 7,7% pour s’établir à 171 milliards de DH, et ce, en raison de l’insistance des banques auprès de leur clientèle pour se limiter aux plafonds autorisés, du fléchissement des échanges occasionnés par une activité en décélération, ainsi que de la correction des chiffres de la fin de l’exercice, généralement rehaussés via des opérations spot portées au débit des comptes les derniers jours de l’année. Sur le même trend baissier, et faisant les frais d’un investissement en nette ralentissement, le crédit à l’équipement s’est inscrit en baisse de 2,3%, à 134 milliards de DH.

Cela dit, tous les secteurs n’ont pas été exposés de la même manière. En effet, les activités de commerce ont vu leurs encours considérablement baisser à environ 42 milliards de DH contre 50 milliards à fin 2012, soit une baisse d’environ 15%. Fortement lié à la bonne tenue de l’activité économique en général, le secteur des transports et télécommunications a affiché des crédits en baisse de 10%. Les industries manufacturières n’ont pas fait mieux avec des crédits en retrait de 2% par rapport à fin 2012. Ceci étant, force est de constater que l’équipement industriel continue d’accuser le coup en affichant une régression de 6%, à 21 milliards de DH de crédits distribués. Pour sa part, le secteur de l’agriculture n’a pas connu de changements au niveau des crédits distribués.

Les créances en souffrance en hausse de 6%

A l’inverse, bénéficiant d’un regain de confiance progressif des banques à l’égard des promoteurs, notamment ceux connus sur la place, les crédits à la promotion immobilière (secteur BTP) ont été les seuls à enregistrer une légère évolution positive. Leur encours se sont établis à 95 milliards de DH, en hausse d’environ 2%.

Par ailleurs, confirmant les difficultés pesant de plus en plus sur les entreprises privées, les créances en souffrance sont reparties à la hausse encore une fois. Leur volume s’établit dorénavant à 37 milliards de DH, en hausse d’environ 6% par rapport à fin 2012. Pour les ménages, l’encours des impayés est passé de 14,5 à 15,2 milliards de DH, soit 4,6% de hausse.

Notons que sur une année, c’est-à-dire par rapport à mars 2012, le crédit bancaire a enregistré une hausse très timide de 2% porté par le crédit à l’habitat (+10%), le crédit à la consommation (+6,6%) et dans une moindre mesure par les crédits de trésorerie (+1%). Naturellement, dans le sillage de cette évolution, les crédits en faveur des ménages ont affiché une hausse d’environ 8% par rapport à leur niveau d’il y a un an, pour atteindre 244 milliards de DH contre 227 milliards à fin mars 2012. Tandis que ceux pour les entreprises privées ont quasiment stagné (+0,7%).