Les crédits à  l’économie progressent de 7.1% à  fin novembre alors que les dépôts stagnent

Les ressources clientèle n’ont pris qu’un léger 0.95%, à  626 milliards de DH, alors que les crédits ont atteint 665 milliards. Le coefficient d’emplois s’établit désormais à  106%.

Les mois passent mais la tendance ne semble pas s’inverser. L’insuffisance des trésoreries bancaires qui a commencé à se faire sentir en 2007 persiste. Les besoins hebdomadaires dépassent maintenant très largement les 30 milliards de DH. Lors de l’appel d’offres du 21 décembre, Bank Al-Maghrib a servi au titre des avances hebdomadaires 22 milliards de DH sur un montant demandé de 31,66 milliards. Cette situation a une cause très simple : les banques peinent à faire rentrer des ressources pour faire face aux exigibilités à court terme tout en continuant à financer l’économie. Notons à ce propos que depuis le premier trimestre 2011, la monnaie fiduciaire est sur une tendance haussière (+10,1% à fin octobre) alors que les avoirs en devises ne cessent de s’effriter (-9% à la même période), ce qui contribue à l’aggravation du déficit de trésorerie, également reflété par un coefficient d’emploi (crédits à l’économie rapportés aux ressources clientèle) qui atteint désormais 106,24%.

L’immobilier et la consommation restent bien soutenus

En effet, d’après les statistiques du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) arrêtées à fin novembre, les ressources des banques totalisaient 626,3 milliards de DH, en hausse d’à peine 0,95% par rapport à décembre 2010. Cette petite progression tient aux comptes d’épargne et aux comptes chèques qui se sont gonflés de 9,12% et 4,66%, à 84,1 milliards et 254,6 milliards de DH respectivement. Dans le même temps, les comptes courants stagnaient à 101 milliards de DH, alors que les dépôts à terme plongeaient de 3,59%, à 154,8 MDH.
Le fait particulier est que les DAT des particuliers et des MRE progressent. A l’opposé, ceux des entreprises sont tombés à 54,4 milliards de DH, marquant un repli de 15,55%. Ce phénomène peut signifier que ces dernières ont puisé dans leur bas de laine pour financer des investissements et ou pour faire face aux besoins de trésorerie, évitant ainsi de s’endetter eu égard au renchérissement du crédit à court terme. Déjà au troisième trimestre, l’Institut d’émission avait relevé un accroissement de 16 points de base du taux moyen pondéré du crédit, porté essentiellement par l’augmentation des taux appliqués aux facilités de trésorerie et aux crédits à la consommation. On s’aperçoit d’ailleurs clairement que les banques font preuve de moins de prodigalité sur le court terme. Les crédits de trésorerie consentis à la clientèle se sont quasiment stabilisés, ne progressant que de 0,69%, à 70,9 milliards de DH. De façon concomitante, les comptes courants débiteurs ont gonflé de 20,82%, à 88,6 milliards de DH, traduisant par là une difficulté des entreprises à faire rentrer de l’argent. Une telle situation se répercute sur l’activité de crédit du fait de l’immobilisation de ressources.
Malgré tout, les concours à l’économie continuent de progresser à une cadence correcte. Sur les onze premiers mois de l’année, ils se montent à 665,37 milliards de DH, soit 7,1% de plus qu’en décembre dernier. Les crédits à la clientèle qui en constituent l’essentiel ont progressé de 7,57%, à 614 milliards de DH. Hormis les comptes courants débiteurs, cette hausse a davantage profité à l’immobilier (acquéreurs et promoteurs), dont l’encours de crédit s’est apprécié de 9,36%, et à la consommation (+11%). Dans le même temps, les crédits à l’équipement n’ont augmenté que de 2,29%.
Jusque là, Bank Al-Maghrib, qui tient l’inflation sous contrôle, joue son rôle de prêteur en dernier ressort, tout en attirant l’attention sur le déficit de liquidités, mais sans s’inquiéter outre mesure.