Les contrats spéciaux de formation bloqués depuis 7 mois !

Les 672 dossiers déposés en 2005 n’ont pas encore été traités
A l’origine de ce blocage, des procédures plus contraignantes.

Un an après le scandale des contrats spéciaux de formation (CSF), les conséquences se font encore sentir. Le système n’arrive pas à  se remettre sur pied et l’OFPPT, qui en assure le secrétariat, fait l’objet de violentes attaques de la part des cabinets de formation et de certaines entreprises. L’office est tout bonnement accusé de bloquer le système des CSF. Argument avancé : aucun dossier de formation remis à  l’office n’a été traité en 2005.

C’est effectivement le cas, mais à  qui incombe la responsabilité de ce blocage ? Karim Tazi, à  la fois administrateur de l’OFPPT et président de l’AMITH, préfère poser la question autrement. «A un moment o๠tout le monde devait se mobiliser pour la mise à  niveau de l’économie nationale, se demande-t-il, est-il acceptable que le système des CSF soit en panne sans que personne ne puisse débloquer la situation ?». Cette façon de voir n’est pas entièrement partagée par certains membres de la commission «Entreprise et valorisation des ressources humaines» de la CGEM, qui suit le dossier de la formation. L’un d’entre eux souligne que «le creux de la vague est dépassé. Tout n’est pas beau, mais on avance. Il y a une volonté d’agir en dépit du retard enregistré. Et si les procédures sont un peu plus contraignantes, elles ont néanmoins l’avantage d’être plus sécurisantes».

78 % des dossiers gelés en 2004 ont été liquidés
Le système, rappelons-le, avait été bloqué durant huit mois en 2004 après le scandale qui a éclaté suite à  une inspection de l’IGF demandée par l’actuel DG de l’office, Larbi Bencheikh, et qui avait révélé, entre autres, des cas de formations fictives dont profitaient des entreprises malintentionnées ou tout simplement inexistantes. A la reprise, au mois de décembre de la même année, un tour de vis sera donné aux procédures.

Il est important de noter que la pause n’a concerné que Casablanca, le système fonctionnant dans les autres régions. Normal, arguent les responsables de l’office, puisque plus de 70 % des dossiers étaient concentrés dans cette ville. «Nous avons marqué un temps d’arrêt pour comprendre et verrouiller le système. Huit mois après, nous avons remis les pendules à  l’heure», explique M. Bencheikh. Les statistiques de l’office en témoignent. 78% des dossiers gelés en 2004 ont été liquidés. Mais qu’en est-il des 672 dossiers déposés en 2005 ? Là  encore, le souci de verrouiller le système a constitué un goulot d’étranglement. Les nouvelles procédures exigent que la CNSS délivre un certificat d’éligibilité pour chaque entreprise souhaitant bénéficier des CSF. Ce certificat atteste que l’entreprise est en situation régulière par rapport à  la caisse en ce qui concerne le paiement de la taxe de formation professionnelle. Seulement «depuis 2005, la CNSS n’a encore délivré aucun certificat à  l’OFPPT. Il est donc normal qu’aucun dossier ne soit traité depuis», relève Jalal Charaf, directeur de la formation continue à  l’office.

Un allègement des procédures prévu en octobre
Les responsables de l’office travaillent sur de nouvelles pistes en vue de dépasser ces blocages. Un accord préliminaire avait été trouvé avec Mounir Chraà¯bi, avant sa nomination en qualité de wali de Marrakech, pour qu’un état mensuel soit transmis par les services de la CNSS à  l’OFPPT. Seulement ce principe n’a jamais été formalisé et Saà¯d Ahmidouch, le nouveau DG de la caisse, n’a pas encore été saisi dans ce sens.

Par ailleurs, l’OFPPT réalise actuellement une révision juridique du manuel des procédures afin d’alléger le système. Des propositions concrètes seront faites en octobre prochain, assure-t-on auprès des responsables. Certains cabinets de formation suggèrent la création d’une commission composée des représentants de la CGEM, du ministère de tutelle et des cabinets afin de réfléchir à  une unification et un assouplissement des mécanismes.

Les cabinets qui font cette proposition ne manquent cependant pas de pointer du doigt l’OFPPT pour concurrence déloyale. «L’office est juge et partie. Il intervient en qualité de cabinet de formation et ses dossiers ne subissent aucun retard», tonne Hamid Zerda, directeur général du cabinet Abacus. Seulement, font remarquer les responsables de l’office, ce dernier, avec 210 établissements qui couvrent 11 secteurs d’activités, réalise à  peine 10 % du chiffre d’affaires qu’engrange l’activité des CSF, estimée à  175 MDH en 2004. «A Casablanca, qui totalise 70% des CSF de tout le pays, l’OFPPT couvre seulement 6% des contrats engagés». Par ailleurs, et pour pouvoir faire face à  la prolifération des cabinets de formation dont le nombre est passé de 100 à  600 en l’espace de cinq ans, l’office examine aujourd’hui l’opportunité d’instaurer un système d’agrément