Les cimentiers ont augmenté leurs prix : 4 DH supplémentaires par sac de 50 kg

Ils ont répercuté sur les consommateurs la hausse de la taxe spéciale sur le ciment introduite dans la Loi de finances 2012. Le surcoût est de 50 DH la tonne. Chez les semi-grossistes, les prix s’élèvent, après la hausse, à  62 et 64 DH respectivement pour le CPJ 35 et le CPJ 45.

Les cimentiers ont tenu parole : dès l’entrée en vigueur de la Loi de finances 2012, les prix du ciment ont été augmentés. Cette révision à la hausse décline la décision des industriels de répercuter sur les consommateurs l’augmentation de la taxe spéciale sur le ciment décidée dans l’actuel budget, comme nous le rapportions dans notre édition du 19 mars dernier. Cette taxe a en effet été relevée de 50% pour être portée de 0,10 DH/kg à 0,15 DH/kg.

Avec l’actuel augmentation des prix, le sac de ciment de 50 kg est majoré de plus de 2 DH, soit plus de 4 centimes de surcoût par kg. Ce faisant, au niveau des grossistes, le prix du CPJ 45 (utilisé pour les bétons armés courants et les bétons destinés aux travaux en grandes masses) passe de 60 DH à 62 DH par sac. Pour sa part, le CPJ 35 (utilisé pour les bétons faiblement sollicités, non armés et tous les types de mortiers) progresse de 58 à 60 DH le sac. Et naturellement, plus on descend dans le circuit de distribution plus la hausse est amplifiée. C’est ainsi que les prix pratiqués pour le sac par les semi-grossistes s’élèvent après la hausse à 64 et 62 DH respectivement pour le CPJ 45 et le CPJ 35, soit 4 DH voire 5 DH de plus par rapport aux tarifs de l’approvisionnement direct auprès des cimentiers. A tout cela il faut encore ajouter la TVA sur le supplément de taxe spéciale (20%), soit 4 centimes de plus par sac.

La question est de savoir à présent si les cimentiers devraient en rester là dans leurs révisions tarifaires. Lors des débats sur la Loi de finances, ces industriels avaient laissé planer le spectre d’augmentations de prix programmées pour 2012 pour compenser la hausse du coût des intrants énergétiques. Mais ces menaces étaient vraisemblablement brandies pour dissuader une hausse de la taxe spéciale sur le ciment. Dans les faits, «il serait bien difficile d’augmenter les prix en raison de la concurrence qui sévit entre les cimentiers», tranche un professionnel. En effet, il faut rappeler que la surcapacité du marché du ciment est évaluée actuellement à 3 millions de tonnes pour une consommation annuelle avoisinant 17 millions de tonnes.

Un surcoût de 1,53 MDH par programme de 500 logements sociaux pour les promoteurs

Les coûts des professionnels de la construction n’en devraient pas moins être mis à mal. Car si l’actuelle augmentation du ciment reste en soi tolérable pour les consommateurs, il faut aussi savoir qu’elle devrait immanquablement donner lieu à des hausses de prix pour des matériaux de construction fabriqués à base de ciment tels que les poutres ou les briques. Une situation d’autant plus délicate pour les opérateurs du BTP que l’année 2011 a déjà été marquée par une hausse généralisée des prix des matériaux de construction, selon des informations recoupées auprès des acheteurs. Une surchauffe qui, du reste, est à lier à la forte demande sur ces matériaux enregistrée sur la période concomitamment à la recrudescence de l’auto-construction. A titre d’exemple, les prix des matériaux de construction ont progressé en moyenne de 11% en 2011 à Kénitra, selon les données d’une récente étude du ministère de l’habitat. Les développeurs qui ont eu à subir des augmentations de prix qui dépassent les 100% depuis 10 ans, notamment pour les produits sidérurgiques et les ferro-alliages, ne sont donc pas au bout de leurs peines.

Mais dans le lot, ce sont surtout les développeurs de logements sociaux qui devraient le plus pâtir de la récente augmentation du prix. En effet, la Loi de finances 2012 a supprimé l’exonération de la taxe spéciale sur le ciment dont bénéficiaient ces professionnels. Cela devrait générer pour eux un surcoût de 0,18 DH/kg (TVA comprise). Au final, selon les estimations des professionnels, le surcoût devrait se monter à 1,53 MDH pour chaque programme comptant 500 logements sociaux, correspondant au minimum légal à construire.