Les céréales fines et autres graines rares atterrissent dans nos assiettes

Quinoa, lait de soja, de riz ou d’amande, graines de chia et baies de goji…, l’offre est de plus en plus diversifiée. Les magasins spécialisés bio et les épiceries fines s’y sont lancés les premiers ; pharmacies et grande distribution suivent la tendance. La clientèle est principalement composée des membres des catégories socioprofessionnelles A et B+.

«Que ton alimentation soit ton médicament». Un grand nombre de consommateurs à travers le monde ont suivi cette recommandation d’Hypocrate, père de la médecine moderne. Et le Maroc n’est pas en reste. Ce constat est établi par les professionnels distributeurs de produits alimentaires qui surfent sur la vague de l’hygiène alimentaire. Quinoa, son d’avoine, boissons végétales, vinaigre de cidre et autres graines de chia et baies de goji… S’ils sont encore peu connus dans le pays, ces produits sont devenus, depuis trois ou quatre années, des aliments essentiels pour  les consommateurs soucieux de leur santé et de leur bien-être.

Tendance ou réelle préoccupation sanitaire ? Ce qui est certain cependant, c’est qu’il s’agit là d’une opportunité commerciale intéressante et une niche à fort potentiel de développement pour les distributeurs qui sont de plus en plus nombreux à élargir leur offre à ce type de produits. Selon des observateurs, la demande est exprimée essentiellement par des résidents étrangers au Maroc, en particulier les Européens, ainsi qu’une catégorie de nationaux âgés de 25 à 60 ans très regardants sur le contenu de leurs assiettes ou de personnes présentant des intolérances au gluten, au lactose, des végétariens ou encore ayant des soucis de santé liés au transit intestinal, à la ménopause, à la chute des cheveux ou au surpoids.
Et il faut surtout souligner qu’il s’agit de personnes ayant un pouvoir d’achat supérieur appartenant aux classes A et B+.
Commercialisés dans les épiceries fines, les pharmacies, les parapharmacies et les magasins spécialisés, ces produits font également, depuis quelques mois, leur entrée dans les grandes surfaces qui n’ont pas hésité à importer du quinoa, du son d’avoine, du lait et des yaourts de soja. Ces deux derniers produits font l’objet d’une demande croissante, selon les professionnels.

Les boissons végétales sont de plus en plus demandées…

Chez la Vie Claire, distributeur de produits bio, on confirme cette tendance. «Le lait de soja et le lait de riz et d’amandes sont de plus en plus demandés. Leurs apports en vitamines sont très importants et ont la même onctuosité que le lait animal», dit Slim Kabbaj, patron de la Vie Claire. Produit à partir de graines de soja et d’eau, le lait de soja est une alternative pour les personnes ayant des intolérances au lactose. Il est indiqué, selon les professionnels, contre le vieillissement de la peau et pour la prévention de l’ostéoporose et du cancer du sein. Disponibles dans les magasins spécialisés, les épiceries fines et en grandes surfaces, le lait de soja est commercialisé entre 36 et 50 DH le litre… La variation de prix est fonction de la composition du lait (nature sans gluten et sans lactose ou bien enrichi à l’oméga 3 ou encore parfumé à certaines arômes) mais aussi de la politique de prix adoptée par les distributeurs dont certains n’hésitent pas à s’octroyer une marge substantielle.
Outre le lait de soja, sont également de plus en plus demandés le lait de riz et le lait d’amandes aussi sans lactose et sans gluten. Leurs prix sont respectivement de 41,50 et 56 DH le litre. Le premier est conseillé aux personnes allergiques au soja et recommandé aux sportifs car il est riche en sucre lent. Alors que le lait d’amandes, en raison de sa teneur en vitamine E et en sélénium, est indiqué contre le vieillissement et pour la lutte contre certains troubles cardiovasculaires et digestifs.
Les céréales, notamment le quinoa et l’avoine, attirent aussi une forte demande. Cultivé principalement en Bolivie et au Pérou ( 92% de la production mondiale), le quinoa est la céréale vedette de ces dernières années, au point que 2013 a même été consacrée «Année du quinoa», par les Nations Unies. Ayant une forte teneur de fer et de manganèse, le quinoa est un antioxydant régulant le taux du cholestérol et le diabète. Les consommateurs l’utilisent dans des salades, et il peut aussi être préparé en sauce. Son prix de vente est de 99 DH les 500 grammes et atteint même les 110 DH dans les pharmacies et parapharmacies. Moins cher, le son d’avoine est commercialisé à 90,50 DH le kilo. Ce produit est très demandé par les personnes ayant des problèmes de transit et souffrant de troubles de digestion. Le son d’avoine est moins cher dans les grandes surfaces où il est vendu à 75 DH le kg.

Indiqué dans le cadre de régime amincissant, le vinaigre de cidre bio non pasteurisé, autre produit très présent sur les rayons des distributeurs, est commercialisé à 78,50 DH le demi litre. On le trouvera aussi dans les marchés à 50 DH le demi-litre mais sans certification aucune qu’il s’agit d’un produit bio. Viennent enfin en dernier lieu, et sans doute en raison de leur prix élevé, les graines de chia et les baies de goji qui ont fait très récemment leur entrée sur le marché. Vendues respectivement à 109 et 154 DH les 250 et 200 grammes, ces graines sont recommandées pour soigner la constipation (les graines de chia) et pour leurs bienfaits sur le foie, la vision et le système immunitaire (baie de goji).

Les produits commencent à se démocratiser

La demande varie en fonction des lieux de distribution. Dans les officines, les achats sont souvent occasionnels, selon un pharmacien de Casablanca qui souligne que «les patients viennent acheter des médicaments et découvrent nos rayons qui sont, il faut le reconnaître, assez limités. Les clients repartent avec un produit ou deux pour tester». Chez la Vie Claire, il y a les clients réguliers qui viennent une fois par semaine ou par mois. Deux catégories sont répertoriées: ceux qui achètent régulièrement un panier compris entre 2 000 et 6 000 DH et ceux dont le panier se situe entre 1 000 et 1 500 DH. Globalement, le panier moyen est passé de 500 et 800 DH à l’ouverture des magasins à 400 et 600 DH actuellement. Une baisse qui s’explique, selon le parton de la Vie Claire, par l’augmentation des petits paniers variant de 200 à 300 DH achetés par une clientèle au pouvoir d’achat limité. Preuve, ajoute M.Kabbaj, d’un début de démocratisation de ces produits…