Les centres de visite technique posent toujours un problème insoluble

Une société suisse envisage d’investir le créneau, caractérisé par une anarchie totale

La concurrence sauvage, due à la prolifération des centres, favorise le laxisme. Un nettoyage s’impose.

SGS, l’un des grands leaders du contrôle technique automobile de par le monde, cherche à s’installer au Maroc. Les responsables de cette entreprise suisse sont aujourd’hui au stade des contacts avec le ministère du Transport, autorité habilitée à délivrer les agréments. On sait par ailleurs que, depuis quelque temps, le ministère du Transport ne ménage pas ses efforts pour rendre les contrôles techniques des véhicules automobiles plus sérieux et plus crédibles en imposant des normes de mise à niveau des centres de visite technique (CVT). Mais il faut aussi se rendre à l’évidence que c’est là une activité qu’il n’est pas facile d’assainir, et ce pour plusieurs raisons.
La première est que les centres sont trop nombreux par rapport au parc automobile du pays. On en compte en effet plus de 180, pour près de 2 millions de véhicules, alors qu’avec un parc équivalent, relève Thami El Alami, directeur commercial de SGS, un pays comme l’Irlande enregistre à peine une cinquantaine de centres. Résultat : la concurrence sauvage entre les CVT ouvre largement la voie au laxisme.
En 2002, on a comptabilisé moins de 470 000 opérations de contrôle technique, soit le quart du parc pourtant constitué pour l’essentiel de véhicules de plus de 5 ans. Il n’y a pratiquement pas de rejet, explique Younès Saih, consultant expert. Les rares cas de véhicules radiés du parc sont ceux qui ont été l’objet d’une réforme technique, suite à un accident.

Le personnel des centres techniques est souvent peu qualifié
La deuxième raison est que, excepté en cas d’accident où leur responsabilité est avérée, les CVT, sous-équipés et employant un personnel sous-qualifié, ne sont soumis à aucun contrôle. De plus, souligne M. El Alami, «il n’y a aucune traçabilité des informations sur les véhicules», sans parler du fait que si un CVT refuse de délivrer une attestation à un véhicule, le propriétaire peut toujours trouver satisfaction chez le concurrent.
La troisième raison a trait au transport public (autocars, petits et grands taxis…). La plupart des experts affectés au contrôle des taxis casablancais vous diront ouvertement qu’ils ont la consigne de fermer les yeux, compte tenu de l’insuffisance des moyens en matière de transport urbain.
Que vient donc faire une entreprise suisse dans ce capharnaüm ? Il est évident qu’un jour il faudra bien se décider à nettoyer les écuries d’Augias et le plus tôt serait le mieux .

En 2002, on a comptabilisé moins de 470 000 opérations de contrôle technique, soit le quart du parc pourtant constitué pour l’essentiel
de véhicules de plus de 5 ans.