Les capital-investisseurs se concertent à  Marrakech

La manifestation a réuni 250 professionnels dont des Européens et
des Américains.

Les plus importants bailleurs de fonds et acteurs du capital investissement en Afrique étaient en conclave au Maroc du 18 au 21 avril. Quatre jours durant, ils ont débattu des freins et facteurs de développement de leur métier, échangé leurs expériences, discuté de l’opportunité de transférer des modèles et réfléchi sur l’avenir de leur profession.
Cela s’est fait dans le cadre de la 4e conférence de l’AVCA, Association des capital-investisseurs africains. Africains ? Pas vraiment puisqu’il y avait, parmi les 250 participants, plusieurs européens et américains. En tout, plus de 35 pays étaient représentés. Preuve de l’implication des fonds étrangers et de l’intérêt qu’ils portent au développement en Afrique, qui ne draine que 1% des investissements étrangers directs, et n’attire en tout et pour tout que 9 milliards de dollars en capital investissement. L’Afri-que du Sud s’accapare à elle seule près de 75 % de ce montant, soit 6 milliards de dollars. La faiblesse des flux en Afrique constitue en soi un gisement de croissance important puisque tout est à créer. On y dénombre environ 140 opérateurs en capital-risque, à en croire Mark Jennings, président de l’AVCA.

Un fonds de 25 MDH a été lancé

A Marrakech, on a assisté au lancement d’un fonds baptisé AfricInvest à l’initiative de Tuninvest Finance Group (TFG) et du néerlandais FMO. Vingt-cinq millions de dollars ont été levés à cette occasion. Les intervenants marocains ont profité de l’occasion pour présenter leur vision, mais aussi des exemples réels.
A noter que le capital-investissement est relativement récent au Maroc. Il ne dispose pas encore d’un cadre réglementaire qui lui permettrait d’évoluer sereinement. Un projet de loi existe. Il est actuellement au Secrétariat général du gouvernement, mais les opérateurs de capital-investissement locaux n’apprécient pas son contenu. S’il est adopté en l’état, 50 % des fonds marocains se trouveraient écartés. Et pour cause, le projet stipule que le portefeuille de ces fonds doit être constitué à hauteur de 50 % au moins de PME avec une définition très restrictive de cette dernière : un total actif de moins de 50 MDH, un chiffre d’affaires inférieur à 15 MDH et un effectif maximum de 200 personnes. En outre, le projet fixe des contraintes sans proposer d’incitations en contrepartie, notamment au plan fiscal