Les cadres de l’ODEP avalisent la réforme portuaire

Un accord sur les amendements à apporter au projet de loi a été
trouvé.

Le projet de texte de loi sur la réforme portuaire 15-02 sera soumis au Parlement à la session de printemps qui s’ouvre ce vendredi 8 avril. En attendant, il semble que les divergences qui prévalaient avec les partenaires sociaux avant son approbation par les Conseils de gouvernement et des ministres sont dépassées. Le ministère de l’Equipement et du Transport et les partenaires sociaux de l’ODEP ont en effet validé une série d’amendements qui seront soumis au Parlement. Un accord devait être signé mercredi 6 avril.
Selon Naji Najim, secrétaire général du syndicat des cadres de l’ODEP, affilié à l’UGTM, deux idées maîtresses se dégagent de ces amendements.
La première a trait à l’unicité de la manutention à bord et à quai. Selon M. Najim, cette notion, même si elle est évoquée par le projet de texte, n’est pas très explicite. L’amendement propose la généralisation de l’unicité de la manutention à bord et à quai à tous les ports du pays, permettant de réduire les coûts et de mieux définir les responsabilités de chacun. Il s’agira également d’éviter que le port, notamment celui de Casablanca, soit tantôt l’otage des syndicats de dockers, tantôt celui des syndicats d’employés de l’ODEP.

Le centre d’embauche des dockers va disparaître
En revanche, l’application de cette disposition n’est pas aisée. Aujourd’hui, la manutention à quai est réalisée par l’ODEP alors que, sur les navires, elle est le fait des dockers qui interviennent par l’intermédiaire d’un centre d’embauche, centre dont la réforme vise la disparition pour un rattachement total des dockers aux compagnies maritimes.
Rappelons que, dans le système actuel, les dockers sont des employés des compagnies maritimes qui leur paient un salaire minimum mais peuvent par ailleurs intervenir pour le compte d’autres sociétés, en fonction des arrivages de navires, par l’intermédiaire du centre d’embauche. Ils reçoivent alors une prime ou un complément de salaire selon les tâches réalisées.
La profession souhaite préserver sa situation et c’est ainsi que le syndicat des dockers professionnels et assimilés des ports au Maroc, a adressé au ministre de l’Equipement et du Transport un seul amendement, qui a le mérite d’être clair. Il est formulé ainsi : «Tous les accords et tous les contrats de concession ou d’autorisation passés par l’Agence nationale des ports seront expressément conclus dans le respect du régime du travail à bord des navires, notamment l’arrêté du 20 janvier 1951 portant réglementation de l’embauche de la main-d’œuvre au port et les conventions collectives y afférentes, en vigueur à la date de la promulgation de la présente loi», soit le statu quo par rapport à la situation actuelle.

Le pilotage des navires deviendra un service public.
Toutefois, il est indiqué, au niveau du syndicat, que, tant que le dialogue avec le ministère sera de mise, la paix sociale sera maintenue, le souci des dockers étant de sauvegarder leurs avantages sociaux.
En coulisse, il est évoqué que la SODEP (Société d’exploitation portuaire), la nouvelle société qui prendra en charge l’activité commerciale de l’ODEP, récupérera un nombre important de dockers intervenant au sein du port de Casablanca. Au total, ils sont 900. Les départs à la retraite anticipée seront aussi encouragés. Mais les négociations s’annoncent ardues.
La deuxième idée maîtresse des amendements proposés par les cadres de l’ODEP est d’apposer à l’activité de pilotage des bateaux le caractère de service public. Le but étant d’imposer aux sociétés responsables de cette activité un service minimum, même en cas de troubles sociaux pour éviter une paralysie du port.
Enfin, les cadres de l’ODEP ont voulu déterminer avec le ministère les quais qui seront concédés à la SODEP et ceux qui seront donnés en gestion à d’autres intervenants privés. D’ailleurs, Karim Ghellab, ministre du département de l’Equipement et du Transport avait annoncé, lors de la présentation de la réforme aux parlementaires à Tanger, le 29 mars dernier, que le but du ministère est de créer une société au poids économique important. Ainsi, la Sodep abandonnera un seul port, celui de Kénitra, en faveur de l’agence, en raison des problèmes liés à son exploitation. Sur Casablanca, le quai à conteneur «Tarik» sera concédé à des privés, alors que la nouvelle société publique gardera le nouveau quai à conteneurs Est. En effet, le souci du ministère est de garantir toutes les chances de succès à la SODEP en vue de préparer sa privatisation.