Les banques prudentes sur les crédits de fonctionnement accordés aux hôteliers

Conjoncture oblige, les découverts et facilités de trésorerie accordées aux hôtels sont rationnés. Les hôteliers auront du mal à  faire face à  leurs besoins en fonds de roulement entre juillet et août.

Avec la mauvaise passe que traverse le secteur touristique, l’activité des hôteliers est mise à rude épreuve. Les financements à court terme négociés par ces professionnels revêtent notamment une importance cruciale pour pouvoir se maintenir à flot en attendant de meilleurs jours. Or, les banques, en raison d’une propension bien naturelle à limiter leur exposition aux secteurs à risque, ne semblent pas leur faciliter la tâche. Elles sont, en effet, «beaucoup plus regardantes sur les facilités accordées», témoigne Abdellatif Kabbaj, PDG de Kenzi Hotels. «Depuis le début de l’année, les conditions de financement sont plus strictes», renchérit Mohamed Saïd Tahiri, DG de la Fédération nationale du tourisme (FNT). Dans ces conditions, M. Kabbaj évoque une catastrophe annoncée pour les mois de juillet-août, période durant laquelle les professionnels devront faire face à des besoins en fonds de roulement plus accrus. Côté banques, on se veut, pourtant, plus rassurant. «Il n’y a pas plus d’effort de vigilance sur l’hôtellerie que sur tout autre secteur», assure Rachid Agoumi, DGA de la Banque centrale populaire. «Les professionnels de ce secteur en temps normal sont des clients de choix et si leur activité est mise à rude épreuve, elle finira bien par se redresser», justifie M’Fadel El Hlaïssi, directeur général délégué en charge de la banque corporate à BMCE Bank, avant de reconnaître que certains clients du secteur ont bien vu leurs possibilités de découverts limitées.

Des garanties étatiques pour faciliter le financement à court terme

Et encore les hôtels sont bien mieux lotis en termes de financement que les investisseurs souhaitant réaliser de nouveaux projets même si ces derniers se font rares. Et en attendant que des demandes de financement soient formulées, les banquiers se disent en tout cas prêts «pour accompagner des investisseurs à la signature solide et présentant des garanties de commercialisation», spécifie M. El Hlaissi. En dehors de cette clientèle, les banques pratiquent une sélectivité assumée, autant en raison des multiples investissements avortés au sein du secteur que de sa nature très capitalistique, ou encore du fait des durées de financement souvent trop longues. Pourtant, la FNT milite pour un allongement de ces durées pour les porter jusqu’à 30 ans. En outre, elle est actuellement en concertation avec le département de tutelle pour trouver des solutions aux problèmes de financement du secteur, dont notamment l’extension des systèmes de garantie étatiques pour le financement du besoin en fonds de roulement.