Les banques offshore commencent à  réaliser de belles performances

Le secteur affiche des taux de progression à  2 chiffres, que ce soit en termes d’activité ou de rentabilité. L’essor que connaissent les zones franches avec le démarrage de Tanger Med et de la zone de Kénitra explique cette performance.

Se contentant pendant plus d’une décennie d’une simple représentation physique de leurs maisons mères dans la zone franche de Tanger, les banques offshore commencent récemment à miroiter de vraies possibilités de croissance. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce regain de dynamisme. A commencer par l’enthousiasme de plus en plus déclaré des investisseurs pour les Free Zone. En effet, leur implantation dans ces espaces leur permet de bénéficier de plusieurs avantages et d’exonérations fiscales et douanières. Lesdites zones connaissent un essor, notamment avec l’inauguration de Tanger Med Free Zone en 2010 et le démarrage de Kénitra Free Zone en 2011.

Par ailleurs, les banques continuent de confier davantage d’opérations, dont essentiellement des financements en devises, à leurs succursales offshore. «Chaque banque offshore a sa manière d’être en lien avec l’établissement mère. Il y va du modèle économique propre à chaque banque. Y en a celles qui travaillent intimement avec leur salle de marchés quitte à ce que la majorité des grandes opérations transitent par la succursale offshore, notamment pour des considérations de rentabilité et d’optimisation fiscale», constate une source bien placée à Bank Al-Maghrib.

Aussi, chaque banque de la place a son portefeuille clientèle qui se rapproche plus ou moins d’un profil donné, et qui correspond aux attentes du management de la banque et à la physionomie du risque qu’il tolère. A ce titre, on a vu émerger une pseudo-spécialisation des banques offshore. Il existe celles qui privilégient le secteur automobile, d’autres le secteur de la manutention ou celui du textile. Cette manière d’appréhender les choses fait que les succursales en question cernent à la fois la clientèle et les pratiques du secteur dont elle fait partie. Ce qui débouche systématiquement sur une rentabilité meilleure conjuguée à une correction du taux de sinistralité. Preuve en est que ce dernier est insignifiant pour l’ensemble des banques offshore. Mieux, il a accusé un repli pour s’établir à 0,2% de l’encours des financements contre 0,4% à fin 2010.

Un coût du risque maîtrisé

Les indicateurs financiers démontrent clairement le potentiel que recèle le secteur. Le volume d’activité s’est apprécié de 12,9% en 2011, grâce à l’accroissement des opérations pour le compte de la clientèle locale (établie en zone franche) des maisons mères. Les créances sur la clientèle se sont renforcées au détriment du portefeuille titre, et ce, grâce à l’implantation de nouvelles sociétés dans le périmètre des succursales offshore. En termes de nature de crédit, 68% ont servi à couvrir les besoins d’exploitation, et 17% le financement des équipements.

S’agissant de la gestion du risque, les créances en souffrance ont continué sur leur trend baissier. Leur volume a dévissé de 33% pour la deuxième année consécutive. Ce qui débouche sur un taux de sinistralité de 0,2% pour l’ensemble du secteur. Soulignons que l’endettement bancaire constitue la principale source de financement de ces établissements. Il représente 92% des ressources, et s’inscrit en hausse à l’instar des autres indices, et ce, en vue d’accompagner les nouveaux besoins qui se profilent.

Par ailleurs, les banques offshore ont amélioré leur rentabilité. Leur bénéfice net cumulé s’est apprécie de 10% pour s’établir à 151 millions de DH. Evolution qui s’explique par la bonne tenue du PNB malgré la hausse des frais généraux.

C’est dire que le secteur entame une reprise, après avoir hiberné dans l’ombre des maisons mères pour longtemps. «Les fonds propres de ces banques n’ont pas l’ampleur requise pour procéder à des opérations de leur propre chef. Aujourd’hui, par exemple, l’on compte pour ce secteur des fonds consolidés de 400 millions de DH, ce qui ne représente même pas 1% des ressources bancaires. Le risque étant supporté par la maison mère», explique notre source. Et pour mieux conforter cette tendance, les banquiers s’attendent à des conditions plus attrayantes pour les entreprises qui comptent s’installer dans les zones franches, notamment en termes de fiscalité, ainsi que des initiatives pour promouvoir les zones franches auprès des investisseurs étrangers, ce qui constitue le matelas sur lequel reposera l’activité future du secteur, étant donné que la clientèle marocaine est déjà bancarisée auprès des banques mères.

Rappelons qu’il existe actuellement six banques offshore à Tanger : Attijari International bank, Banque internationale de Tanger (joint-venture entre le Crédit Lyonnais et le Crédit du Maroc), BMCI Banque offshore, Chaâbi international bank, Société générale Tanger offshore et la succursale offshore de BMCE Bank. Ces banques bénéficient de plusieurs avantages tels qu’une entière liberté de change en ce qui concerne leurs opérations avec les non-résidents et une multitude d’exonérations et de réductions fiscales et douanières.