Les banques les plus exposées au secteur immobilier

Les crédits immobiliers dépassent le tiers de l’encours global des crédits chez les banques à  capitaux français et atteignent 40% chez BMCE Bank. Attijariwafa bank et la Banque Populaire restent les plus volontaires en matière de distribution de crédits aux entreprises.

Que le banques soient trop exposées au secteur immobilier en termes de crédits n’est plus un fait à prouver. Mais lesquelles sont les plus concernées par ce constat ? Qui sont encore les établissements qui alimentent la percée sur le crédit à la consommation que l’on attribue au secteur bancaire sur les dernières années? Et quelles banques sont les plus actives sur le segment des financements aux entreprises ?

De manière globale, sur un encours de crédits de 532 milliards de DH accordés par les huit grandes banques commerciales, une part de 37% consiste en des crédits immobiliers aux promoteurs et aux acquéreurs, soit près de 195 milliards de DH (selon les chiffres arrêtés au premier semestre 2014 en base sociale, hors créances en souffrance). En dépit d’un ralentissement dans la distribution de ces crédits, rapporté par les opérateurs et confirmé par les chiffres, il ressort donc que l’immobilier continue de figurer en tête du stock de crédits détenus par les banques, un héritage des années d’euphorie immobilière. Les crédits de trésorerie arrivent en seconde position avec une part de 32%, à 169 milliards de DH, ce qui reflète le recours renforcé des entreprises à ce genre de financements dans un contexte d’allongement des délais de paiement. En revanche, il est étonnant de constater que le crédit à la consommation, avec un encours de 30 milliards de DH, reste à l’échelle de tout le secteur limité à une part de près de 6% en dépit de l’agressivité attribuée aux banques en la matière. Cela laisse une part de près de 26% pour les crédits à l’équipement dont l’encours se monte à près de 138 milliards de DH.

Qu’en est-il à présent de la structure des crédits au niveau de chaque banque ? S’agissant des crédits immobiliers d’abord, CIH Bank reste une exception avec une exposition de près de 87% sur ce type de financements (près de 23 milliards de DH), ce qui s’explique bien évidemment par la vocation historique de la banque. Mais les autres établissements ne sont pas en reste. Ainsi, BMCE Bank approche les 40% avec un encours de près de 35 milliards de DH. Crédit du Maroc affiche une proportion similaire avec naturellement un encours moindre de 12,8 milliards de DH. Le reste des banques à capitaux français affiche une part de 35% avec 16,8 et 14,5 milliards de DH respectivement pour Société Générale et BMCI. Attijariwafa bank vient ensuite avec un poids pour l’immobilier dans son portefeuille de crédits de 33,5%, à 56,2 milliards de DH. Au final, seuls deux établissements sont loin de la cote d’alerte en matière de crédit immobilier en contenant ce segment à moins du tiers de leurs encours. L’immobilier pèse en effet 29% chez Crédit Agricole du Maroc, à 14,5 milliards de DH. Et c’est cette même proportion que l’on retrouve au niveau de la Banque Populaire avec un encours de 22,8 milliards de DH, sachant que les comptes sociaux de l’établissement excluent les financements distribués par les Banques Populaires Régionales. Ce poids relativement contenu des crédits immobiliers chez la BP donne de la marge à l’établissement pour se renforcer sur le segment et il se trouve justement que la banque a fait croître de manière notable ses crédits immobiliers au premier semestre de l’année, à l’inverse des autres établissements de la place.

67% des crédits distribués par le Crédit Agricole vont aux entreprises

S’agissant du crédit à la consommation, si son poids à l’échelle du secteur reste de 6%, sa part dans la structure des crédits de plusieurs banques va bien au-delà. BMCE Bank ressort du lot là encore avec un poids de 9%, à 8 milliards de DH. BMCI affiche 10% avec un encours de 4 milliards de DH. Ce n’est pas la seule banque française qui a un appétit pour le crédit conso puisque Crédit du Maroc aussi compte 8% de financements de ce genre correspondant à un encours de près de 3 milliards de DH. Pour le reste des établissements, la part du crédit conso ne dépasse pas les 5%.

Ce qui nous amène aux financements accordés aux entreprises et il faut dire que les banques les plus volontaires en la matière sont les plus grandes du secteur, à savoir Attijariwafa bank et la Banque Populaire. La première se distingue sur le crédit à l’équipement qui représente près de 34% de son encours de financement, à 57 milliards de DH. Tandis que pour la banque au cheval les crédits de trésorerie représentent une part de 41%, à près de 33 milliards de DH. L’établissement qui se rapproche le plus de ces proportions allouées aux crédits des entreprises est étonnement le CAM dont 37% des crédits, soit 19 milliards de DH, sont distribués sous forme de financements de la trésorerie et 30,5% correspondant à 15 milliards de DH vont à l’équipement.