Les aviculteurs déstockent massivement pour limiter les pertes

A la suite des dégà¢ts causés par la canicule, les éleveurs mettent en vente leurs volailles avant qu’elles n’atteignent le poids habituel.
Après avoir atteint des pics de 22 DH le kg, le prix du poulet vif devrait revenir à  des niveaux raisonnables grà¢ce à  une offre abondante.

La dernière vague de chaleur a fait des dégâts dans le secteur de l’élevage avicole. Les mortalités signalées dans les exploitations et les pertes de performance ont réduit l’offre sur le marché et, du coup, les prix se sont envolés avec des pics de 16 à 17 DH le kg à la sortie des fermes. Au niveau des détaillants, le kilogramme de poulet vif affichait  entre 21 et 22 DH, ce qui est sans précédent durant les dernières années, surtout après les frayeurs qu’avait suscitées la grippe aviaire.
Le tout nouveau président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa), Khaireddine Soussi, explique qu’il s’agit là d’une situation exceptionnelle dans la mesure où la période est assez spéciale pour le secteur de l’élevage. «Cette hausse de prix, poursuit-il, ne rend service à personne. Elle est le résultat de la hausse de la demande habituelle, coïncidant avec, notamment, les fêtes de mariage durant l’été et l’arrivée des MRE dans le pays.  Or, cette année, la mortalité a touché 10 à 15% du poulet de chair, 5 à 10 % de la dinde et 2 à 5% des reproducteurs et des pondeuses, ce qui réduit d’autant l’offre et déséquilibre le marché».

Les prix avaient commencé à revenir à la normale en début de semaine (14,50 DH à la sortie des fermes d’élevage)
Cependant, les professionnels contactés font remarquer que la situation avait commencé à se rétablir dès lundi 27 juillet puisqu’au départ des fermes, les prix avaient connu des baisses les ramenant à 15 voire 14,50 DH. Et la tendance continuerait car, explique-t-on, les éleveurs, craignant la poursuite de la vague de chaleur, se sont empressés de mettre leur production sur le marché avant même d’atteindre le poids moyen de 2 à 2,1kg, le seuil de rentabilité habituel.
A noter qu les prix étaient repartis à l’avance, mardi 28 juillet, atteignant 18 DH au départ des fermes. Mais, cela ne durerait pas, à en croire les professionnels. D’un autre côté, à la Fisa, on exclut tout risque de pénurie dans la mesure où les prochains cycles de production disposent largement de la provision nécessaire en poussins, soit 6 millions de poussins par semaine. Par ailleurs, les différentes réunions tenues entre professionnels et le département de tutelle ont porté sur les mesures qui s’imposent pour ce qui est du traitement des cadavres. De plus, la mise à niveau des exploitations permet aujourd’hui de mieux maîtriser les conditions d’hygiène et les mesures préventives contre d’éventuelles proliférations de maladies.