Les associations de microcrédit soumises au contrôle de Bank Al Maghrib

La banque centrale vient d’informer les associations des nouvelles mesures

Elles devront désormais envoyer leurs états comptables et statistiques relatives aux prêts.

Après des débuts timides à la fin des années 90, le microcrédit se positionne aujourd’hui comme une composante à part entière du paysage financier au Maroc. Mais si leur activité est régie par une loi, ces quasi-banques n’étaient pas encore soumises aux règles prudentielles. La donne vient de changer. Bank Al Maghrib (BAM) a en effet saisi les associations de microcrédit, les avisant de la mise en place d’un cadre de contrôle. La division de la supervision bancaire de BAM a diffusé récemment auprès de ces associations un document les informant de l’obligation qu’ils auront désormais de faire parvenir à la banque, de manière périodique, des états comptables pour retracer leur activité. Ainsi, les opérateurs devront remettre, une fois par an, sur support papier et fichiers informatiques, les documents relatifs à la ventilation des crédits qu’ils ont accordés, répartis selon les zones géographiques, les antennes et les secteurs d’activité. Ils devront également fournir des états détaillés de leurs dettes par catégorie de prêteurs (banques, organismes internationaux et autres bailleurs de fonds) et par nationalité (Marocains et autres). Pour ce dernier état, BAM a imposé une périodicité trimestrielle pour les grandes associations (total bilan supérieur à 200 MDH) et semestrielle pour les autres. Idem pour la situation comptable.

Des canevas à remplir pour leur faciliter la tâche
Pour faciliter la tâche aux opérateurs, BAM a diffusé des canevas que les associations n’auront plus qu’à remplir pour faire leur reporting.
Si Bank Al Maghrib ne fait là qu’exercer ses attributions en tant qu’autorité monétaire, les nouvelles mesures sont porteuses de plusieurs sens. D’abord, et comme l’explique le patron d’une association, «c’est là une reconnaissance, enfin, des associations de microcrédit comme étant un acteur du secteur financier». D’un autre côté, ces contrôles permettront de remettre de l’ordre dans un secteur où parfois les bonnes pratiques, en matière de maîtrise du risque, ne sont pas toujours de mise même si, reconnaissons-le, les grandes associations sont déjà aux normes comptables les plus avancées et arrivent, grâce à leur transparence et à leur solvabilité, à lever des fonds importants au Maroc et à l’étranger.

Toujours est-il que les nouvelles mesures de contrôle de Bank Al Maghrib ne pourront que faire du bien à un secteur qui pèse aujourd’hui près de 4 milliards de DH d’encours avec, à fin 2006,15 milliards de DH servis sous forme de petits crédits à plus d’un million de Marocains.