Les actionnaires du CIH entérinent une opération accordéon

Réduction du capital de 3 milliards de DH, suivie d’une augmentation de 1,85 milliard


Les fonds propres seront portés à près de 350 MDH

Objectif
: ramener le taux de contentieux à 12% en 2006.

Réunis en AG extraordinaire le 30 août, les actionnaires du CIH ont entériné l’opération accordéon (réduction du capital suivie d’une augmentation immédiate) proposée par le management. Ainsi, la totalité des réserves (419,3 MDH) et la partie du capital sujet à réduction par voie d’annulation de neuf actions pour dix détenues (2,99 milliards de DH) serviront à apurer partiellement les pertes cumulées, de l’ordre de -4,83 milliards de DH à fin 2004.
Grâce à la nouvelle augmentation de capital portant sur 1,85 milliard de DH, les fonds propres atteindront près de 350 millions.
La principale interrogation porte sur le redressement définitif du CIH. La réalisation en 2004 du premier bénéfice après sept ans de disette et l’assainissement du haut du bilan permettent d’espérer. Mais le chemin est encore long car le redéploiement vers le marché des particuliers nécessite de combler le retard considérable accusé sur les banques commerciales privées : la monétique en est encore à ses balbutiements malgré le succès prometteur de ses débuts, la bancassurance et la distribution des produits annexes est quasi inexistante et les activités de marché sont encore symboliques. Quant à la guerre des taux sur le crédit au logement, le CIH est pénalisé par le coût des ressources, encore exorbitant. Ce dernier handicap est incarné surtout par un encours des titres de créances émis de 9,2 milliards de DH, dont une bonne partie en obligations aux coupons assez chers.
L’année en cours devrait s’achever sur un allègement important de ce fardeau. D’abord, les conditions du prêt d’un milliard de DH accordé par les banques, dans le cadre du contrat-programme signé avec l’Etat, sont revues à la baisse. Le taux fixe initial de 5 % est aligné sur celui des bons du Trésor à cinq ans, soit une économie annuelle de 10 MDH pour chaque point de pourcentage. Ensuite, le prêt du Trésor d’un montant identique, consenti dans le même contexte, a été annulé cet été en contrepartie de la délivrance par le CIH des mainlevées sur les garanties que celui-ci avait accordées pour le financement du secteur touristique. Le problème est que cette dernière «largesse» s’accompagnera d’un effort de provision supplémentaire de l’ordre de 1,7 milliard de DH car les dites garanties permettaient au CIH de ne pas provisionner les créances auxquelles elles étaient adossées à due concurrence.
En fin de compte, le salut ne peut venir que de l’accélération du recouvrement des créances en souffrance. Le règlement attendu avant fin 2005 des créances sur les établissements publics, suite à l’intervention du premier ministre en juillet dernier, devra être conforté par d’autres encaissements. Un passage primordial pour que Khalid Alioua, Pdg de la banque, puisse tenir son pari de faire converger, à la fin 2006, le taux de contentieux du CIH vers la moyenne du secteur, qui s’élève à près de 12 %