Les actionnaires de Médi 1 Sat injectent 182 MDH pour sauver la chaîne de la faillite

Le capital a été ramené à  14,5 MDH avant d’être porté à  198 millions

Les fonds propres consommés se montent à  350 MDH.

Moins de quatre mois après avoir remercié Pierre Casalta, le PDG de la chaîne, les actionnaires de Médi 1 Sat remettent la main à la poche pour lui apporter 182 MDH. Confrontée à de graves difficultés financières qui ont failli la contraindre au dépôt de bilan, la seule chaîne de télévision privée qui a pu obtenir, à ce jour, l’autorisation de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (Haca) depuis la libéralisation du secteur en 2006, vient d’opérer une recapitalisation en coup d’accordéon. Dans un premier temps, le capital de 15 millions d’euros (155 MDH environ) a été ramené à 1,35 million d’euros (15 MDH) pour apurer les grosses pertes cumulées en deux ans d’activité opérationnelle, avant qu’une injection d’argent frais de 16,5 millions d’euros (182 MDH) ne le porte à 18 millions d’euros (198 MDH).

L’actionnariat est à 66% marocain
Les actionnaires aussi bien marocains (Fipar Holding, Maroc Telecom et Médi 1) que français (Caisse de dépôts et de consignation), qui détiennent respectivement 66% et 34% du capital, évitent ainsi de justesse le dépôt de bilan et prolongent une aventure qui a très mal démarré. Au passage, ils font le deuil des objectifs d’un business-plan initial qui prévoyait un équilibre opérationnel dès 2009 et un chiffre d’affaires de 250 MDH au bout de cinq ans (soit en 2011).
Il faut dire qu’avec une grille des programmes parfois décalée par rapport aux attentes des téléspectateurs marocains, la chaîne franco-marocaine n’a pas réussi à se positionner solidement dans le paysage audiovisuel national face à l’offre domestique du pôle public et aux bouquets satellitaires, ce qui l’a empêchée d’attirer suffisamment d’annonceurs.
Abdeslam Ahizoune, PDG de Maroc Telecom, qui a repris le témoin à la tête du conseil d’administration, aura donc fort à faire pour rentabiliser les fonds propres consommés qui totalisent 350 MDH et rassurer le régulateur de l’audiovisuel qui avait adressé, en 2008, un avertissement à la chaîne pour sa gestion des programmes. Quant à Pierre Casalta, qui se consacre, désormais, à la gestion de Médi 1, l’actionnaire promoteur de la station de télé éponyme, il peut toujours se consoler de n’avoir à supporter jusqu’à présent que 14% des pertes (soit à hauteur de la quote-part de la radio dans le capital).